épisodes mai 2022

193 LA 4e DIMENSION avec Gwenthalyn Engélibert

194 INCORPORATED avec Sarah Sandré

195 THE GOOD WIFE avec Ana¨is Goudmand

196 Moi Christiane F.  avec Valérie Dubslaff

197 Séries Chiliennes sur le coup d'état de 1973 avec Antoine Faure

198 BLACK-ISH avec Laura Goudet

 

193 la 4e DIMENSION

avec Gwenthalyn Engélibert

 
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Gwenthalyn ENGELIBERT

Gwenthalyn Engélibert, PRCE département LLCER anglais à l’Université de Bretagne Occidentale, membre de la SAES, de l’AFEA et de Stella Incognita. Autrice d’une thèse soutenue en 2018, intitulée « Les nouvelles de Richard Matheson (1950-1971) : un imaginaire américaine entre fantastique et science-fiction », qui s’intéresse au contexte d’écriture (transformations des magazines de l’imaginaire dans les années 50, peur du nucléaire, paranoïa et développement des banlieues), ainsi qu’aux caractéristiques génériques de Matheson et à son écriture du banal.

 

Résumé épisode 193

La 4e Dimension (1959-1964)


Présentation de la série :

– Série originale de 1959 à 1964 sur CBS, 5 saisons, 156 épisodes de 25 min (saisons 1-3, 5) à 51 min (saison 4).

– Nommée 4 fois aux Emmy, en a gagné 2 (écriture et programme), meilleur producteur/réalisateur aux Golden Globes 63

– Adaptations en téléfilms, 83 + revival 85, 2002 et 2019.

– Rod Serling, vétéran de la 2e guerre mondiale (blessé pendant la guerre, a commencé à écrire, Twilight Zone = terme militaire), entre à l’université grâce au Servicemen’s Readjustment Act (ou GI Bill of Rights) de 1944 (théâtre/audiovisuel, puis spécialisation littérature). Ecrit 92 des scénarios, s’entoure d’écrivains pour les autres (notamment Charles Beaumont et Richard Matheson). En moyenne 18 millions de téléspectateurs = énorme succès


Pitch :

– série d’anthologie (classique pour la SF à l’époque), par opposition aux feuilletons continus = épisodes indépendants les uns des autres, avec des acteurs différents à chaque fois.

– Personnages = gens ordinaires (souvent classe moyenne), confrontés à des événements extraordinaires. Début « classique », commentaire en voix off de Serling pour dire que quelque chose va se passer, événements, twist/chute

– série qui se fonde sur les expériences scientifiques de l’époque (par ex pilote sur expériences d’isolement des astronautes), la peur du nucléaire, la paranoïa, les droits civiques. Vision politique de Serling : “The writer's role is to menace the public's conscience. He must have a position, a point of view. He must see the arts as a vehicle of social criticism and he must focus on the issues of his time.”


1. Guerre froide

  • Expériences

– Episode Pilote « Where is Everybody ? » (1x01, 2/10/59) : un homme se réveille dans une ville déserte, amnésique, cherche autour de lui qui il peut être et ce qu’il fait dans cette ville. Au fil de l’épisode, il devient de plus en plus agité, au point de presque sombrer dans la folie. Twist = se réveille au milieu de scientifiques, il est en fait un pilote à qui on fait expérimenter les effets de l’isolement.

Voir :

https://timesmachine.nytimes.com/timesmachine/1959/04/10/83679598.pdf?pdf_redirect=true&ip=0


Article en avril 1959 qui parle des tests subis par les futurs astronautes : isolement, tests psychologiques, centrifugeuse etc. + photos

Description précise des tests : pour Isolation : « each man was confined in a dark, sound-proof room for three hours to determine his ability to adapt to unusual circumstances and to cope with the absence of external stimuli. »


+ “Studies of Isolation and Confinment” – George Ruff (psychiatre, NASA), Aeorspace Medicine, août 1959

https://spacemedicineassociation.org/download/history/history_files_1959/30001.pdf


→ épisode ancré dans les discussions et expériences sur la santé mentale des astronautes soumis à isolement. 


  • Nucléaire (concerne 7 épisodes)

– « Third from the Sun » (1x14, 8/01/60) : à la veille de la chute d’une bombe atomique, deux familles se préparent à fuir la planète dans un vaisseau spatial expérimental. L’épisode est filmé avec beaucoup d’angles irréguliers, pas droits… => le twist est que la destination du vaisseau est la 3e planète après le soleil, c’est-à-dire la Terre où ils pourront se mêler aux humains parce que leurs langues se ressemblent

→ épisode adapté d’une nouvelle de Matheson publiée en 1950 (premier essai atomique russe 1949) : entre temps, Truman lance les essais/développements bombe à hydrogène. Essai raté 1er mars 1954 (opération « Castle ») : 2 marins japonais morts des suites des radiations, autres irradiés, puissance bombe sous-estimée. Serling membre de l’association Citizens for a Sane Nuclear Policy (plus tard SANE).


  • Paranoïa

– « The Monsters are Due on Maple Street » (1x22, 4/03/60) : probablement un des plus connus. Banlieue résidentielle blanche, classe moyenne. Après un éclair lumineux un soir, et le quartier plongé dans le noir, un adolescent suggère que le quartier a peut-être été envahi par des extra-terrestres qui leur ressemblent. Petit à petit, alors que les habitants commencent par rejeter l’idée, ils se retournent les uns contre les autres, jusqu’à lancer des cailloux sur l’un d’entre eux qu’ils pensent être l’extraterrestre (twist : des ET les observaient, c’était une expérience pour montrer que la destruction de la terre serait facile par auto-destruction paranoïaque). Voix off de Serling à la fin qui met en garde contre l’idée de trouver des ennemis parmi nous, des boucs émissaires…

The Monsters are Due on Maple Street :

"It isn't enough for a sole voice of reason to exist. In this time of uncertainty, we are so sure that villains lurk around every corner that we will create them ourselves if we can't find them — for while fear may keep us vigilant, it's also fear that tears us apart — a fear that sadly exists only too often — outside the Twilight Zone."

=> regarder les problèmes de l’intérieur plutôt que de chercher une cause externe. 



2. Discriminations

Un scénario écrit par Serling avant la 4e Dimension sur Emmett Till avait été refusé tel quel par crainte des réactions avant d’être réécrit en enlevant les possibilités de reconnaître les événements. Déclaration de Serling : « Television, like its big sister, the motion picture, has been guilty of the sin of omission... Hungry for talent, desperate for the so-called 'new face,' constantly searching for a transfusion of new blood, it has overlooked a source of wondrous talent that resides under its nose. This is the Negro actor. »


  • Acteurs africains-américains

– « The Big Tall Wish » (1x27, 8/04/60) : un boxeur est sur le point de perdre, un jeune garçon parie sur lui et le boxeur gagne. Le boxeur ne croit pas que cela vienne de la magie de l’enfant et finit par perdre un prochain match. Episode où tous les acteurs principaux sont africains-américains, ce qui était rare, et ils ne jouent pas des rôles stéréotypés (+ anglais « normal » et pas rendu agrammatical comme c’était souvent le cas dans les rôles africains-américains).

Voir aussi : "I Am the Night—Color Me Black"

=> 4e Dimension a gagné le prix Unity Award for Outstanding Contributions to Better Race Relations en 1961.


  • Holocauste

– « Death’s Head Revisited » (3x09, 10/11/61) (contexte du procès Eichmann) : un ancien officier SS visite Dachau et rencontre un ancien déporté. L’officier se trouve confronté aux fantômes des anciens déportés qui font son procès. => toute la distribution est d’origine européenne et a souvent un lien avec l’holocauste. (La série est en prime-time). Mots de Serling à la fin, de conserver ces cimetières-monuments, de ne pas oublier sous peine de devenir des fossoyeurs.

"There is an answer to the doctor's question. All the Dachaus must remain standing. The Dachaus, the Belsens, the Buchenwalds, the Auschwitzes — all of them. They must remain standing because they are a monument to a moment in time when some men decided to turn the Earth into a graveyard. Into it they shoveled all of their reason, their logic, their knowledge, but worst of all, their conscience. And the moment we forget this, the moment we cease to be haunted by its remembrance, then we become the gravediggers. Something to dwell on and to remember, not only in the Twilight Zone but wherever men walk God's Earth."


Procès Eichmann également couvert dans NYT en 1961:

https://timesmachine.nytimes.com/timesmachine/1961/07/25/97241914.pdf?pdf_redirect=true&ip=0

https://timesmachine.nytimes.com/timesmachine/1961/06/21/101467059.pdf?pdf_redirect=true&ip=0



  • Traitement des femmes :

peu présentes dans la série, mais quand elles le sont, elles ne sont pas des femmes au foyer ou des mères comme dans les séries populaires des années 50. Dans une de ses premières apparitions à l’écran à la fin de l’épisode 1x20, Serling discute la possibilité de n’être pas la personne la mieux placée pour écrire des scénarios impliquant des femmes ; dans « The Invaders », 2x15, un épisode sans parole, une femme combat toute seule des envahisseurs dont elle parvient à se débarrasser, dans « Number Twelve Looks Just Like You » 5x17, alors que la société impose à tout le monde d’avoir recours à la chirurgie esthétique, une femme refuse d’y avoir recours – Charlie Brooker a déclaré que cet épisode était son inspiration pour « Fifteen Million Merits » de Black Mirror.


=> conclusion sur l’aspect politique de la série, même si pas toujours le cas, en lien avec les possibilités de la science-fiction sociale d’explorer/déformer les faits marquants d’une société en les « déguisant » plus ou moins fortement sous l’illusion de différence. Or, Serling régulièrement fait le lien dans ses petites morales finales avec l’ici et le maintenant, pour mettre en garde contre les discriminations, préjugés, la paranoïa etc.



Bibliographie sélective

Lawrence, Novotny. “Reflections of a Nation’s Angst Or: How I Learned to Stop Worrying and Love The Twilight Zone” (pp. 9-28), in Space and Time: Essays on Visions of History in Science Fiction and Fantasy Television. eds. David Wright and Allan W. Austin. New York: McFarland and Co., 2010.

Mathias, Jeffrey, « The Astronaut Alone » https://solitudes.qmul.ac.uk/blog/the-astronaut-alone/

Presnell, Don & McGee, Marty, A Critical History of Television's The Twilight Zone, 1959-1964, Jefferson NC : McFarland, 1998

Ruff, George, “Studies of Isolation and Confinment” in Aeorspace Medicine, août 1959

https://spacemedicineassociation.org/download/history/history_files_1959/30001.pdf

Schnebach Leah, « The Deep Social Justice Roots of The Twilight Zone »

https://www.tor.com/2019/03/28/the-deep-social-justice-roots-of-the-twilight-zone/

Zicree, Marc Scott (1982). The Twilight Zone Companion. First Edition, Bantam Books

 

194 INCORPORATED

avec Sarah Sandré

 
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Sarah SANDRE

Sarah Sandré est historienne et juriste. Elle a soutenu le 3 février 2022 une thèse en histoire des sciences et des techniques contemporaines portant sur le sujet suivant : "L'innovation numérique en santé en France et en Angleterre : aspects juridiques, économiques et sociaux"(http://iris.ehess.fr/index.php?3954) à l'université Paris Sorbonne Nord (USPN).


En parallèle à ses recherche, Sarah Sandré exerce en tant que juriste à la direction de la recherche et de l'innovation du GHU Nord de l'AP-HP. Elle enseigne également depuis 4 ans le module "droit, éthique et responsabilité en santé numérique" à l'EPISEN, école d'ingénieurs spécialisée en santé de l'Université de Créteil.

 

Résumé épisode 194

INTRO : pitch : Incorporated est une dystopie. Nous sommes aux États-Unis en 2074. Il n’y a plus d’Etat et le monde fait face à une apocalypse climatique. Comme dans le film « rollerball », quelques multinationales dirigent le monde et ont repris les fonctions régaliennes de l’Etat tel le maintien de l’ordre.

Dans cette configuration, la société est divisée en deux parties : les salariés de ces multinationales (et leur famille) et les autres qui vivent dans un no man’s land et qui sont des citoyens de seconde zone.


Nous suivons le héros qui est un transfuge clandestin. Il rejoint la compagnie SPIGA sous une fausse identité afin de retrouver l’amour de sa vie. Sa trajectoire va bouleverser la vie d’autres personnages entre les deux pans de cette société dystopique.


Je précise également que cette série, produite par Matt Damon et Ben Affleck en 2017 et diffusée sur Soi Fy n’a durée qu’une saison, (10 épisodes).


  1. Contexte


une série qui s’inscrit dans un contexte où l’offre de séries du même genre est foisonnant pour le téléspectateur :

  • the handsmaid tale

  • black mirror

  • transfert

  • trepalium

de même pour les films, « Arès », « le soleil vert », « rollerball »


Les codes de la dystopie sont ainsi connus par le téléspectateur et reprennent des peurs assez clichés mais qui permettent de rentrer facilement dans la série :


  • une catastrophe environnementale dont on ne connait pas les détails. on voit des flashbacks avec des mouvements de populations laissant penser à des réfugiés climatiques

  • un contraste entre les bureaux, les zones résidentielles (le côté très clean) et les rues, comme dans la série brésilienne 3% - la green zone

  • la violence du monde du travail et des inégalités sociales 


  1. Les dystopies d’entreprise : la fétichisation du droit et la représentation du corps


dans le cadre de ma thèse, j’ai utilisé la série incorporated, pour évoquer l’évolution du principe de la dignité de la personne humaine à l’épreuve de la santé numérique.


  • représentation du corps « une relation instrumentale au corps » (le breton): le corps et la maladie sont invisibles chez les cadres de la société spiga. Cela rejoint la lecture de david le breton sur le corps comme somme d’informations ou de véhicule. 

  • le corps des salariés de la compagnie est sans arrêt scruté : scannages de conformité à l’entrée du bâtiment, alimentation (par exemple : le porno est remplacé par du porn food) = exemple de la clôture du closing dans l’épisode 5. Tout est concentré sur l’esprit.

  • à l’inverse le corps des autres (ils n’ont pas de nom, ce sont les habitant de la green zone) est contraint par la faim, la maladie, l’absence de soin, la violence 



L’omniprésence du droit dans la série. 

  • la mise en oeuvre de concepts juridiques - licenciement, disclosure agreement 

  • « débordements d’inhumanité » (henri atlan)

  • des principes fondamentaux à géométrie variable renforcée par l’omniprésence du champ lexical contractuel dans la série : exemples 


conclusion : bien qu’inégale, la série incorporated s’inscrit dans une tradition des représentations frictionnelles dystopiques en entreprise. L’abandon de l’Etat pourrait être mis en parallèle avec le contexte de création de la série (élection de Donald Trump ?). 

L’intérêt de la série est son utilisation du droit notamment à l’lheure du bouleversement numérique : Il n’y a plus d’Etat ou d’entité régulatrice pour protéger tous les citoyens. Le droit et les principes fondamentaux qui le composent sont ainsi dévoyés par les entreprises. Tout est négocié, même sa propre dignité, sous forme de contrat complètement déséquilibré pour les salariés ou les habitants de la green zone.



Bibliographie


  • Muriel FABRE MAGNAN « la dignité en droit : un axiome », revue pluridisciplinaire d’études juridiques, 2007/1 (volume 58)

  • Bernard EDELMAN, Sade et le droit, LGDJ, Paris, 2014

  • David LE BRETON, Sociologie du corps, Paris, PUF, 2012

  • Henri ATLAN, « Connaissance et gloire de la « dignité humaine », Diogène, 2006/3, n°215

 

195 THE GOOD WIFE

avec Anaïs Goudmand

 
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Anaïs Goudmand

Anaïs Goudmand est maîtresse de conférences à l’UFR de littérature française et comparée de Sorbonne Université et membre du CELLF 19-21. 

Sa thèse, intitulée Récits en partage. Expériences de la sérialité narrative en culture médiatique, a été dirigée par Raphaël Baroni (Université de Lausanne) et Jean-Marie-Schaeffer (EHESS). Elle porte sur les différentes formes que revêt l’expérience des récits sériels, telles qu’elles sont modelées par les contraintes de production et de diffusion de la culture médiatique.

Trésorière de la LPCM (association des chercheurs en Littérature Populaire et Culture Médiatique), elle est co-administratrice du site WordPress du Réseau des narratologues francophones ainsi que des comptes Twitter et Facebook qui lui sont liés. Elle fait partie des membres fondateurs du Séminaire Littéraire des Armes de la Critique et co-organise le séminaire « Recherches contemporaines en narratologie » (CRAL, EHESS).  Elle est secrétaire de rédaction de la revue de la LPCM, Belphéhgor – Littérature populaire et culture médiatique et membre du comité de lecture de la revue en ligne Proteus – Cahiers des théories de l’art.

Elle a organisé avec Raphaël Baroni le colloque « Avatars du chapitre en bande dessinée » qui s’est tenu à l’Université de Lausanne en 2017 dans le cadre du projet ANR « « Chapitres – Pratiques et poétiques du chapitre du 19e au 21e siècle : génétique, rhétorique de la lecture et transmédialité » » et elle a co-dirigé la publication de ses actes, parus en 2018 dans Les Cahiers de narratologie.

 

Résumé épisode 195

  • Présentation de la série 


The Good Wife (2009-2016) est une série judiciaire créée par Michelle et Robert King et produite par CBS. Les créateur·rice·s s’inspirent d’une séquence médiatique devenue récurrente : les excuses présentées à télévision par les hommes politiques américains accusés d’inconduite sexuelle, tandis que leur épouse se tient stoïquement auprès d’eux.


  • Analyse de la scène d’ouverture


La série débute par une reconfiguration fictionnelle du discours de démission du gouverneur de New York Eliot Spitzer en 2008.


  • Une série « hyperréaliste » ?

Je m’intéresserai à l’insertion de la série dans l’espace médiatique et social, et plus précisément à l’inversion de l’effet de miroir entre l’actualité et la fiction : The Good Wife a souvent été qualifiée de « prémonitoire » dans la mesure où certains de ses épisodes semblent anticiper des événements de l’actualité.


  • La politique américaine vue par les élites WASP démocrates


Je reviendrai sur la représentation du milieu politique dans The Good Wife, et sur la manière dont sont traitées les questions de politique sociale : la série, conçue par ses créateur·rice·s comme une série progressiste, développe le point de vue de la bourgeoisie blanche démocrate, ce qui a pu engendrer un certain décalage par rapport aux problématiques qui émergeaient au moment de sa diffusion. 

 

196 MOI, CHRISTIANE F.

avec Valérie Dubslaff

 
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Valérie DUBSLAFF

Valérie Dubslaff, docteure en études germaniques et en histoire contemporaine, est maîtresse de conférences en histoire et civilisation du monde germanique à l’université Rennes 2/ERIMIT (EA 4327). Spécialiste de l’histoire du genre et de l’extrême droite allemande, elle a consacré une thèse de doctorat aux femmes du Parti national-démocrate d’Allemagne (Nationaldemokratische Partei Deutschlands, NPD). 


Page personnelle : https://perso.univ-rennes2.fr/valerie.dubslaff


Publications :

"Deutschland ist auch Frauensache", NPD-Frauen im Kampf für Volk und Familie, 1964-2020, Berlin: De Gruyter Oldenburg, 2022


Avec Jasmin Nicklas et Maude Williams (dir.), Émotions, politique et médias aux XXe et XXIe siècles/Emotionen, Politik und Medien im 20. und 21. Jahrhundert, Perspectives franco-allemandes pour une histoire européenne des émotions/Ein deutsch-französischer Blick auf eine europäische Emotionsgeschichte, coll. Convergences, Vol. 103, Bruxelles, Peter Lang, 2022


Avec Anne-Laure Briatte, Hélène Camarade et Sibylle Goepper (dir.), "Ce que le genre fait aux Études germaniques", Allemagne d'Aujourd'hui, n° 237, 2021

 

Résumé épisode 196

« Moi Christiane F. », amazon prime, 2021


1. Intro et plot

= retour sur le livre (1978), le film (1981) et la série (2021).


2. Imaginaire inspiré des années 1970 : un espace-temps « somewhere in between »

= cadre spatio-temporel ancré dans les années 1970 : les effets de réel, musique, mode, modes de vie, loisirs

= éléments et repères historiques : la guerre froide et le nazisme


3. Environnement urbain, social et familial : la fabrique des toxicomanes

= Berlin festif et destroy, le temple de la drogue

= La gare du Zoo entre transit et immobilisme

= Gropiusstadt : pensée comme quartier-modèle, vécue comme quartier-repoussoir

= La famille brisée et éclatée : le conflit générationnel


4. Arrangements de genre : La bande d’amis, un Ersatz pour le manque

= L’amitié et l’amour, valeur-refuge (relation entre les personnages, configurations de genre)

= La corporéité (corps juvéniles, corps détruits par la drogue)

= La prostitution (sexualité et marchandisation des corps)


5. Les drogues et leurs représentations dans la série

= De la drogue festive et libératrice à la drogue destructrice et aliénante

= Quelle issue, quelle échappatoire, quel « happy end » pour les personnages ?


6. Que reste-t-il de « Christiane F. » ?

 

197 Séries chiliennes sur le coup d'état de 1973

avec Antoine Faure

 
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Antoine FAURE

Antoine Faure est professeur assistant de l'École de Journalisme de l'Université de Santiago du Chili. Docteur en Science politique de Sciences Po Grenoble, ses recherches abordent la chronopolitique, les temporalités journalistiques et les séries télévisées. Plusieurs publications viennen nourrir cette dernière ligne de recherche: "Un futur noir sans futur. Politique de la  dystopie et politique du temps dans deux épisodes de Black Mirror" (avec Macarena Urzúa, 2021); "La mise en abyme de l’Histoire dans The Hour (2011-2012). L’épopée du journalisme télévisé comme garantie de vraisemblance" (avec Claudio Lagos-Olivero, 2020); "Baron Noir : de l’urgence en politique" (2020); "La mémoire chilienne au format de la fiction télévisée. Vraisemblance, réalisme et mélodrame dans Los Archivos del Cardenal" (2020); "Historia de una lista. Memoria, Flashbacks y Temporalidad en Ecos del Desierto (Chilevisión, 2013)" (2019); "The Dystopia of the Spectator: Past Revival as « Pause Gesture » and Acceleration of Time in Black Mirror (Episodes 3 and 4)" (avec Macarena Urzúa, 2018); "L’Histoire à l’épreuve des séries" (numéro coordonné avec Emmanuel Taïeb, 2020); "Les esthétiques narratives : l’autre réel des séries" (avec Emmanuel Taïeb, 2015); "Temporalité de la politique alternative dans les séries" (avec Emmanuel Taïeb, 2020). Il fait partie du Comité de rédaction de la revue Saison! La revue des séries.

 

Résumé épisode 197

Cette émission aborde le travail mémoriel en séries et les représentations du régime autoritaire de Pinochet dans les séries chiliennes: Los 80 (Canal 13, 2008), Los Archivos del Cardenal (TVN, 2011), Ecos del Desierto (Chilevisión, 2013).
Le chemin de fer pourrait être le suivant:
- Le contexte de production et diffusion (peu avant 2013, pour les 40 ans du coup d'État).
- Les épisodes événements et processus représentés
- L'articulation des temps historiques dans les trois fictions
- Les messages mémoriels qui sont construits
- La réception différentiel, les appropriations et resignifications, particulièrement selon les générations de spectateurs (je m'appuierai sur les travaux de différents collègues) et plus généralement les usages faits des séries dans le débat public chilien.

 

198 BLACK-ISH

avec Laura Goudet

 
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Laura GOUDET

Après des études d’anglais à la Sorbonne, une année en Ecosse et deux ans d’enseignement aux États-Unis, Laura Goudet est maîtresse de conférences en linguistique anglaise à l’Université de Rouen depuis 2015. Elle est spécialiste d’analyse de discours en culture numérique. Ses travaux de thèse qui ont porté entre autres sur la communication en ligne et les mèmes internet l’ont ensuite poussée vers l’étude de jeux vidéo et de séries télé. En plus de conférences professionnelles et universitaires, pendant sa thèse, elle a participé à de nombreux débats et donné des conférences pour le Stunfest (festival de jeux vidéo, Rennes, 2015-2021), a participé à des formations à la DRAC sur les représentations des minorités dans le jeu (février 2021). Elle est également consultante sur les questions d’intégration des minorités dans les campagnes de publicité (sujet à NDA) depuis septembre 2020. 
Elle est l’auteur de nombreux articles scientifiques ou parus dans la presse (Immersion#6, 2021) et a également coédité des numéros de revues scientifiques, comme les Cahiers de Narratologie sur les liens entre narration et jeu vidéo (#38, 2020), ou Aberrations Numériques, un projet en partenariat avec l’Observatoire des Mondes du Numérique et le Stunfest (mai 2021).

 

Résumé épisode 198

courte présentation de Black.ish

(et de son créateur principal, K. Barris)

1) Être Noir.e dans cette série

- questions de postures, d'identité : comment se définir, (I'm gonna need my family to be Black. Not Blackish, but Black" dès le premier épisode)

-Une famille noire aisée, qui doit naviguer entre des stéréotypes divers (Dre, le père, vient de Compton, et connaît donc la vie difficile, les meurtres dans la rue, etc.) et se faire une place dans un quartier, une entreprise, un environnement qui les renvoie sans cesse au fait d'être noir.e.s.


2) Sitcom éducative

Mélange de formats : petites vignettes éducatives au début des épisodes + semi-feuilletonnant de la série familiale noire --qui puise dans beaucoup d'inspirations (Cosby Show, mais aussi Ma famille d'abord, etc. avec une pointe de Dear White People) = apport des questions frontalement abordées d'appartenance, de société en général--qui se sont même étendues dans Mixed.ish (spin off sur Bow, la mère, et sa famille où son père était blanc et sa mère, noire, et qui traite d'une Amérique des années 80, fortement inspirée par l'ex-femme de Barris) et, dans une moindre mesure, dans Grown.ish, le spin-off où l'on suit la fille ainée de la famille dans sa vie à la fac. 

- des moments où il faut avoir "the talk" (dire aux enfants innocents que le fait d'être noir.e va leur rendre la vie difficile)


3) Critiques et problèmes

On y aborde des questions comme le fait de dire N--- en public (l'un des fils de la famille se fait renvoyer de son école à cause de ça, S02 E01) ; les violences policières et comment y répondre--ou pas ; le fait d'être des Oncle Tom (des vendus aux causes des Blancs--c'est aussi une conséquence du fait de devoir délimiter son identité par rapport aux Blanc.he.s, ce qui crée des situations inextricables : par exemple, par peur, un collègue de Dre laisse une petite fille blanche et perdue dans un ascenseur, toute seule, sans lui venir en aide, parce qu'il est Noir) ; les blackfaces (une voisine se déguise en Beyonce sans comprendre ce que cela impliquait)--si on regarde l'épisode Teddy Perkins d'Atlanta, on peut voir une critique bien différente. 

Autres critiques : le format de la série ne permet évidemment pas de traiter toutes les questions ethnoraciales + le fait que Barris parle beaucoup de sa vie personnelle : cette série est parfois taxée de perpétuer des stéréotypes et de parodier--au moins dans les premières saisons, puisqu'on navigue ensuite dans des questions plus intimes aussi (le divorce de Barris est un peu reflété dans la série, le post-partum de Bow après la naissance de son fils Devante...).