épisodes juillet 2021

116 Les séries POSTAPOCALYPTIQUES des années 1970 avec Medhi ACHOUCHE
117 Analyser les DISCRIMINATIONS dans les séries avec Delphine THARAUD
118 La ESCLAVA BLANCA avec Valerie-Ann EDMOND-MARIETTE
119 L'ALLEE du ROI avec Elisabetta LURGO
120 SPARTACUS avec Gaelle PERROT et Fabien BIEVRE-PERRIN
121 The OA avec Gaelle DEBEAUX
122 OUTLANDER saison 1 et 2 avec Elisabeth REBEILLE-BORGELLA
123 WE ARE WHO WE ARE avec Marta BONI

 

116 Les séries Postapocalyptiques des années 1970

avec Medhi ACHOUCHE

 
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Medhi ACHOUCHE

Mehdi Achouche est maître de conférences en civilisation américaine et études culturelles à l’Université Jean Moulin Lyon 3.  Il sera, à partir du 1er septembre 2021, maître de conférences en études cinématographiques anglophones à Paris 13.
Sa recherche porte sur le cinéma et les séries de science-fiction, ainsi que l’utopisme technologique et le transhumanisme sur le petit et le grand écran. Il a publié plusieurs articles sur Battlestar Galactica notamment. Il est membre de l’équipe de rédaction de la revue universitaire TV/Séries. Il travaille aujourd’hui à un livre sur le cinéma et les séries télévisées des années 1970, aux Etats-Unis mais aussi dans d’autres pays.

 

Résumé épisode 116

Corpus : 

  • The Starlost (1973-1974)

  • Planet of the Apes (1974) et Return to the Planet of the Apes (75)

  • Survivors (1975-1977)

  • Ark II (1976)

  • Logan’s Run (1977-1978)

Plus trois téléfilms qui sont les pilotes « ratés » de séries potentielles, dont deux produits par Gene Roddenberry et le troisième est un remake :

  • Genesis II (1973)

  • Planet Earth (1974)

  • Strange New World (1975)


  • Pourquoi les séries SF post-apocalyptiques des années 1970 : sujet qui a l’air pointu mais qui mérite qu’on y revienne. Séries largement oubliées et pourtant intéressantes en ce qu’elles témoignent d’une certaine époque. En quoi elles sont différentes. Le contexte : les années soixante, la contre-culture, deuxième partie de cette époque, fin des années 1960 et les années 1970 : moins solaire et utopiste, plus sombre et pessimiste (expliquer le contexte). Epoque du renouveau du cinéma de science-fiction : sortie de 2001 : l’Odyssée de l’espace et La Planète des singesen 1968. Un cinéma plus sombre et dystopique, plus spéculaire que spectaculaire, inspiré de la New Wave littéraire (expliquer rapidement). Thèmes : peur de la guerre nucléaire et plus généralement de la technologie, mais aussi surpopulation, pollution et écocide, obscurantisme, Etats totalitaires. 


  • Rapport au cinéma : le postapocalyptique met en scène ces frayeurs, au cinéma et à la télévision. 


    • Cinéma : les 5 films Planète des singes (1968-1973), La Semence de l’homme (1969), No Blade of Grass (1970), The Ultimate Warrior (1975), A Boy and His Dog (1975), The Noah (1975), Logan’s Run (1976), Damnation Alley (1977), jusqu’à Max Max en 1979. 


    • Télévision : le plus frappant c’est de voir des séries s’engouffrer dans ce créneau. Deux sont adaptées de films (Planète des singes et Logan’s Run, alias L’Age de cristal), une autre s’inspire partiellement d’un film (the Starlost qui s’inspire vaguement de Silent Running). Presque aucune ne fonctionne vraiment, une seule (Survivors, en Grande Bretagne) dépassant le stade de la 1ère saison. Genre trop sombre pour la télévision ? Le grand succès de la décennie à la tv c’est plutôt L’Homme qui valait trois milliards… 



  • Le post-apo, à quoi cela sert : ces séries commencent à partir de 1973 avec la production canadienne The Starlost, qui illustre bien le double principe du post-apo :


    • la peur de la fin de la société (plutôt que du « monde »), la chute de la « civilisation », de l’ordre, au profit du désordre et du chaos, dans un monde de violence généralisée où la loi du plus fort règne en maître. Ces séries mettent en scène le contraire du progrès : le retour en arrière dans des sociétés primitives et arriérées, où la science et une grande partie de la technologie moderne ont été oubliées. Retour de l’obscurantisme, des « néo-barbares », etc. L’histoire se mord la queue en quelque sorte. 


    • Ex : The Starlost : un immense vaisseau spatial qui abrite des biosphères, à l’intérieur desquelles des sociétés archaïques se sont reconstituées. Premier épisode : société religieuse similaire aux Amish qui n’entend rien à la science et se laisse donc manipuler. 


    • Ex 2 : Survivors (BBC 1) : la seule à montrer la chute de la civilisation (suite à un virus venu de Chine et confondu avec la grippe…) et la façon dont les survivants s’organisent. Typique du genre tel qu’il s’est développé depuis (par ex. The Walking Dead) : les survivants s’entretuent, sont en concurrence pour les ressources naturelles, profitent de leur force pour exploiter les plus faibles, etc. tandis que certains essaient malgré tout de faire prévaloir la justice et la morale. 

    • Espoir d’un « nouveau futur », comme le générique de Ark II l’annonce, un futur plus positif et sain que celui des années 70. Dimension religieuse ou mythique fréquente, avec de nombreuses références : le vaisseau deThe Starlost s’appelle le Earthship Ark (ark = arche), le titre de Ark II y fait directement référence (l’arche cette fois est un gigantesque camion), les titres des premiers épisodes de Survivors font référence aux quatre cavaliers de l’apocalypse et à la Genèse, etc. C’est la dimension utopiste du genre. 

      • Ex : les pilotes produits par Gene Roddenberry, le créateur de Star Trek, qui eux ont peu à voir avec la religion (typique de Roddenberry). Dans un lointain futur post-apo, une société scientifique (PAX) essaie de rétablir la connaissance et « les lumières » à la surface de la Terre. Même chose avec Ark II, une série à destination des enfants. Ça donne lieu parfois à des aventures discutables : cf. Planet Earth et sa communauté d’Amazones qui ont réduit les hommes en esclavage (satire des féministes). 


  • Structure narrative : personnages qui errent dans les ruines et rencontrent à chaque nouvel épisode une nouvelle communauté malsaine. Autre exemple : La Planète des singes, la série. Beaucoup moins intéressante que les films, mais peut parfois se rappeler du principe satirique de ces derniers, où on représente les travers de la société humaine à travers les singes : obscurantisme religieux, militarisme, et dans un épisode racisme à la Ku Klux Klan (les humains sont victimisés par les singes). En 1976 avec Logan’s Run (également adaptation d’une grosse production cinématographique), le genre prend l’eau en quelque sorte : le thème du film (satire de la contre-culture) disparaît au profit d’aventures hebdomadaires dénuées de toute thématique particulière. 


  • Donc genèse d’un genre qui est encore populaire ensuite, même si on l’a sans doute moins à la tv. Le cycle s’arrête cependant en 1977 : sortie de Star Wars, qui met une fin relative à la dystopie au profit du space opera ; retour de formes narratives plus « fun », même si des films et des séries resteront très influencées. 

Bibliographie indicative : 

Achouche, Mehdi. « Silent Running et Dark Star : Science-fiction, contre-culture et le « New Hollywood », Eolles Identités et Cultures, N°2, mars 2012. 

Curtis, Claire P. Postapocalyptic Fiction and the Social Contract, New York, Lexington Books, 2010.

Dean, Joan F. "Between 2001 and Star Wars", Journal of Popular Film; Jan 1, 1978; 7, 1, pp. 32-41. 


Franklin, Bruce H. "Don't Look Where We're Going: Visions of the Future in Science-Fiction Films, 1970-82", Science Fiction Studies, Vol. 10, No. 1 (Mar., 1983), pp. 70-80.

Greenland, Colin. The Entropy Exhibition. London: Gollancz, 1983.

Schauer, Bradley. Escape Velocity. American Science Fiction Film, 1950-1982, Middletown, CT: Wesleyan University Press, 2017.

 

117 Analyser les discriminations dans les séries

avec Delphine THARAUD

 
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Delphine THARAUD

Delphine Tharaud est maîtresse de conférences HDR en droit privé à l’université de Limoges. Elle est chercheuse à l’OMIJ (Observatoire des Mutations Institutionnelles et Juridiques).
Depuis sa thèse sur les discriminations positives, ses recherches portent essentiellement sur la question de l’égalité et de la lutte contre les discriminations. A ce titre, elle vient de co-diriger avec Caroline Boyer-Capelle un ouvrage collectif rassemblant 75 auteurs intitulé Dictionnaire juridique de l’égalité et de la non-discrimination. Elle publiera dans quelques mois un manuel de Droit de la non-dicrimination.

 

Résumé épisode 117

Thème 1 : de quoi parle-t-on ?

Définition de ce qu’est une discrimination 

Formes complexes de discriminations dont certaines sont exploitées dans les séries : discriminations multiples, intersectionnelles... Il existe aussi des notions propres à la lutte contre les discriminations comme les discriminations positives.

Difficultés principales pour l’émission : 

  • La discrimination est un fait social qui peut être pris en compte par le droit. 

  • Les difficultés conceptuelles avec des notions à comprendre

  • La diversité des discriminations et la question des motifs de discrimination. 


Thème 2 : Premier niveau de questionnement : Présence des personnes appartenant à des catégories discriminées

Dans ce premier niveau, la réponse varie sensiblement selon les catégories concernées. Par exemple, les femmes ont toujours été présentes avec parfois des séries portées en quasi intégralité par un casting féminin (Desperate housewives, Sex and the city..). En revanche, pour les aspects liés à l’origine des personnages ou à leur handicap, cela est moins vrai.

Cependant, parfois, la seule présence de personnes présentant certaines caractéristiques est en soi une démarche de prise en compte des discriminations de la nécessité de lutter contre elles : personnages homosexuels ou transsexuels. 


Thème 3 : Deuxième niveau de questionnement : Utilisation des personnages issus des catégories discriminées

Quantité ne rime pas nécessairement avec qualité. 

Problème du temps de parole : Game Thrones = 25% du temps de paroles occupés par des femmes. 

Utilisation stéréotypée des personnages, exemple du handicap et de l’autisme souvent associé à une intelligence supérieure à la moyenne (le personnage de Sheldon, Bran dans Game of Thrones, The Good doctor).

Exceptions : Toujours pour continuer sur la question du handicap, nous pouvons citer Sue Thomas, l’œil du FBI. Deuxième exemple : le personnage interprété par Michael J. Fox dans The Good Wife. 

Pour que l’utilisation ne soit pas discriminatoire, elle ne doit pas présenter la catégorie discriminée comme étant un bloc monolithique : OITNB avec les détenues, GLOW avec des catcheuses… Sur la couleur de peau, Le prince de Bel air.


Thème 3 : Troisième questionnement : les discriminations comme sujet dans les séries

Il y a ici trois types de séries :

  • Les séries qui ne traitent pas spécifiquement de la question de la discrimination mais qui abordent ponctuellement cette problématique. Par exemple, The West Wing sur le recensement de la population et la référence dans la constitution américaine à l’homme libre. Autre exemple sur la prise en charge médicale : The Resident, saison 2, épisode 20 : les femmes noires meurent 4 fois plus que les femmes blanches après une césarienne.

Des séries récentes démarrent par un événement ou un discours qui porte sur les aspects discriminatoires : Ginny et Georgia sur les grands auteurs hommes et blancs à étudier en classe ; Destin, la Saga Winx : le premier dialogue se termine sur le mot mansplaining.


  • Les séries qui ne sont pas entièrement tournées sur la question de la discrimination mais dont la question reste néanmoins un axe fort, une trame de fond ou une sorte d’arrière-plan : The Good Fight sur la question raciale, est très fortement imprégnée de la question de la discrimination et aussi de la discrimination positive. La discrimination intra-catégorielle est également envisagée dans un épisode. The Good Fight présente également une figure féministe extrêmement forte.


  • Les séries fondées directement sur les explications liées aux discriminations faites à une catégorie de personnes. Plusieurs exemples :

    • Shrill : sur le surpoids et la question de la grossophobie 

    • Pose sur les LGBT et les transgenres

    • Dear white people pour les noirs

    • Run the world pour les femmes noires. Apparaît ici les problématiques complexes de discriminations comme les discriminations intersectionnelles

    • Surtout, sur la question du sexe et de la couleur : Mrs America (qui a fait l’objet d’une émission). Le droit apparaît comme un moyen absolument nécessaire afin de faire avancer l’égalité (avec une brève apparition de Ruth Bader Ginsburg dans l’épisode 5 qui portera la question de l’égalité entre les sexes en tant qu’avocate puis juge à la CS américaine).


Thème 4 : Les stratégies pour parler des discriminations

Nous pouvons liste 5 moyens ou stratégies : 

Stratégie 1. Rentrer dans le détail : Par exemple, dans Shrill, histoire de la pilule du lendemain qui est inefficace pour les femmes dépassant 80 kg

Stratégie 2. Présenter les discriminations complexes : Certaines séries explorent aussi les difficultés intracatégorielles : Ginny et Georgia avec la confrontation des origines africaines et asiatiques. 

Stratégie 3. Rompre avec l’invisibilisation : mettre des personnages noirs pour des figures pensées comme blanches, ou des femmes au lieu d’hommes (les anges et Dieu dans Lucifer). Cela peut aussi être le cas dans la chronique des Bridgerton. La question est même conceptualisée dans Falcon et le soldat de l’hiver avec un Captain America noir. 

Stratégie 5. Passer par la dystopie : L’adaptation de la servante écarlate, les séries sur les loups garous et autres vampires peuvent filer la métaphore de la discrimination et de l’exclusion (True Blood).

Passer par les séries historiques : la série Hollywood avec des acteurs ayant existé :

    • Rock Hudson pour l’homosexualité et le sida

    • Hattie McDaniel pour la couleur de peau

    • Anna May Wong écarté d’un rôle principal au nom du code Hays et de l’interdiction des relations inter-raciales des films par âge)

Autre exemple : The good lord bird pour l’abolition de l’esclavage.

Une série plus ancienne et en avance sur son temps : Code quantum avec les question de violences conjugales, de viol, de ségrégation raciales et les actions du Ku Klux Klan.


Thème 5 : Les contraintes dans la création des séries

Question de l’attention portée à l’équipe avec plus de femmes, notamment dans l’écriture.

Question des quotas pour les personnes présentes à l’écran : Les noirs sont présents depuis plusieurs décennies. Situation particulière de séries de famille avec des personnages uniquement blancs (Quoi de neuf docteur) ou noirs (Cosby show ou Prince de Bel Air). Aujourd’hui, demande de mixité au niveau micro (au sein d’une même série) et non au niveau macro (comptabilisée au niveau de toutes les séries). Au niveau macro, forte évolution avec offre pléthorique des séries de toute nationalité sur les différentes plateformes : Il existe dorénavant une richesse des points de vue et des artistes. Mais cette ouverture dépend de la bonne volonté du téléspectateur. Or, en matière de discrimination, la contrainte est généralement plus efficace que la liberté… Les outils juridiques de lutte contre les discriminations peuvent donc être envisagés dans la création des séries.

L’absence de discrimination au sein de l’équipe. Les attitudes de discrimination ou de harcèlement discriminatoire peuvent conduire à une éviction de certains acteurs. Questions liées au mouvement MeToo qui a conduit à des exclusions mais a aussi été intégré comme sujet dans les séries. 

Conclusion : Finalement, plus qu’une contrainte, la question de la discrimination apparaît comme un formidable terrain artistique, y compris lorsqu’elle est prise sous un angle juridique.

 

118 La ESCLAVA BIANCA

avec Valerie-Ann EDMOND MARIETTE

 
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Valerie-Ann EDMOND-MARIETTE

Valérie-Ann EDMOND-MARIETTE est une jeune doctorante martiniquaise qui a choisi dans son travail de recherche de mêler musique, histoire sociale et histoire du fait colonial.
Elle obtient sa licence d’histoire parcours sciences historiques à l’Université des Antilles- Guyane, puis suit une formation d’un an de musicien professionnel au sein du CIM (école de jazz parisienne).
Elle obtient son master de recherche en histoire à l’EHESS en 2018, après avoir travaillé sous la direction de Cécile VIDAL et Sara LE MENESTREL sur le rapport biguine-bèlè à travers les ballets folkloriques à la Martinique. Elle tache d’analyser et de comprendre l’opposition socio-raciale existante entre ces deux pratiques nées des pratiques culturelles d’esclavisés.
« Mémoire de l’esclavage colonial, sociétés et musique aux Antilles françaises de 1956 à Kassav’ » est l’intitulé de sa thèse. Ce travail de recherche mené sous la direction de l’historien Jean-Pierre SAINTON, à l’Université des Antilles, se concentre sur l’histoire de la mémoire de l’esclavage à travers les pratiques culturelles en Martinique et en Guadeloupe.
En parallèle Valérie-Ann a fondé son entreprise OLIWON LISTWA (autour de l’histoire) une plate-forme de vulgarisation de ses travaux de recherche, un outil sur-mesure à sa soif de partager. L’un des concepts phares d’OLIWON LISTWA, est Désann An Vil (aller en ville), des balades historiques des différentes communes de l’île avec des circuits originaux.
PUBLICATIONS
EDMOND-MARIETTE Valérie-Ann, « Périnelle oh! »: la vieille biguine devenue ritournelle, https://medium.com/@oliwonlistwa, consulté le 2 juin 2021.
TOTO Zaka et EDMOND-MARIETTE Valérie-Ann, 2020, En-Ville Cannibale : Déconstruire et repenser la ville coloniale, https://www.zist.co/2020/07/20/en-ville-cannibale-deconstruire- et-repenser-la-ville-coloniale/ , 20 juillet 2020, consulté le 1 avril 2021.

 

Résumé épisode 118

Introduction

  • C’est quoi une telenovela ? 

  • Présentation de La esclava blanca pitch rapide : Télénovela colombienne produite par Caracol Television diffusée là-bas entre janvier 2016 et avril 2016. Diffusée sur le réseau outre-mer français en septembre 2017 à mars 2018. Puis plus tard sur France Ô (novembre 2017-avril 2018). Disponible sur netflix (vo sous-titrée en anglais) ou l’est encore sur le replay de M6. Santa Marta Colombie 1821. Hacienda El Eden brûle qui appartient à Domingo Quintero, marié à Elena et père de Victoria un bébé. Victoria est sauvée des flammes par Lorenza qui est l’esclavisée qui est sa nourrice. Lorenza son compagnon Tomas et leur filles Milagros fuit dans un palenque. Pendant 8 années Victoria grandit là-bas avec Miguel (fils métis de Sara esclave marrone et fille du chef du Palenque et de Nicolas Parreño le méchant). Mais l’armée retrouve Victoria dans le Palenque qui est attaqué. L’homme de main de Parreño, Morales tente encore d’assassiner la jeune Victoria. Qui s’enfuit est recueillie par le prêtre Octavio qui pour la protéger l’envoi dans un couvent en Espagne. Douze ans plus tard Victoria se fait passer pour la Marquise Lucia de Brocamonte et repart en Colombie avec Remedios sa fidèle amie rencontrée au couvent. La Marquise doit épouser Nicolas Parreño qui est aujourd’hui le propriétaire d’El Eden, habitation où se trouve la famille de Victoria. Elle veut les libérer. 


  • Pourquoi ce choix ? Il faut souligner qu’aux Antilles, en Guyane et à la Réunion les telenevola depuis la fin des années 1990 rencontrent un franc succès. C’est une véritable pratique culturelle. Entre midi et deux parfois mais surtout en fin de journée la Martinique s’arrête pour regarder son feuilleton (replay ça a bien changé). Gilles Elie-Dit-Cosaque « Je nous sommes vu » 52 minutes. Mélodrame, rêve, passion, histoire d’amour, le bien triomphe toujours, … Cette telenovela colombienne est un peu une révolution (l’histoire, la représentation des noirs, le prix). Pour moi le prétexte tout trouver pour parler finalement des représentations des esclavisés de l’idée que l’on a d’eux. Je ne suis pas spécialiste de l’histoire de la Colombie donc il ne s’agit pas d’histoire colombienne, mais plutôt de parler de ce bouleversement, de ce que ça veut dire de parler d’esclavage dans une telenovela et comment s’est perçu par la société martiniquaise à laquelle j’appartiens. Hormis Tropiques Amers (Jean-Claude Barny, Virginie Brac et Myriam Cottias) et le film Case Départ (Thomas Ngijol et Fabrice Eboué- qui au passage a reçu un accueil mitigé chez nous. Parce qu’on ne rit pas de ces choses-là) on ne parle pas d’esclavage dans l’audiovisuel et le cinéma français. Pour voir cette histoire on va regarder vers les Etats-Unis où là encore cela ne nous ressemble pas énormément… et finalement les blockbusters comme Django Unchained de Quentin Tarantino n’évitent pas les poncifs avec la figure du nèg mawon violent et virulent, et celle de l’esclave domestique traite fourbe hypocrite… La esclava blanca a peut-être des défauts mais l’histoire se déroule dans un pays de la grande Caraïbe, sur la côte Caraïbe en plus, et met en scène avec complexité les relations au sein de la société esclavagiste. Et nous avons besoin de ces représentations et de cette complexité. 


  1. Une révolution dans les telenovelas

  • Le colorisme est bien visible en temps normal et il n’y que deux ou trois personnages noirs. 

  • Femmes noires belles courageuses, … Cheveux, traitement des couleurs, les couleurs de peau impressionnantes. 

  • Un couple mixte inversé : une femme blanche et un homme noir 

  • Le titre la esclava blanca : parti pris considéré Victoria comme une esclave on y reviendra. Mais la thématique est claire. 

  • Accueil et réception en Colombie : grosse audience, beauté du pays, peut-être couleur habits esclavisés donne un côté trop tendance, choqués par la violence et l’emploi des mots « nègres » puisqu’ils disent afro, beaucoup de critiques se réjouissent du fait qu’une telenovela montre enfin que l’esclavage fait partie de l’histoire de tous les Colombiens pas juste des afro-colombiens. 


  1. Les esclavisés

  • Chacun son destin, son caractère, hyper important comme représentation, ils s’aiment, se détestent, …intelligents et suivent connaissent le monde qui les entourent. La loi du ventre libre. 

  • Violences subies : physiques (première scène Sara fouetté par Don Nicolas- pas très loin une scène de viol, Sara use d’une stratégie), verbales (Adela mère de Don Nicolas son domaine) psychologiques (peur, scène du viol de Bumi, Siervo et le chien), violences dans chaque couche de cette société… omniprésente

  • Violences exercées : tentatives d’empoisonnement, affrontements, enlèvements

  • La question de la traite : d’ailleurs c’est ce qui cause l’assassinat de Don Domingo qui prévient le Général qu’un navire arrive avec à son bord une cargaison illégale de captifs africains. 1821, Traité de Vienne 1815. 

  • Domestiques : Malcom X nègre de maison, tort le coup aux clichés Lorenza, Hilaria, Servio, Rosita (l’esclavisée d’Isabel fille de Don Nicolas)

  • Champs : Pénibilité du travail, pression, là aussi différentes personnalités Trinidad, Candela, Milagros

  • Nègres à talent : Tomas, Miguel. 

  • Affranchis : exemple d’un achat de liberté réussi Angela la maman de Juan. Miguel lui donne l’argent que lui avait mis de côté pour acheter sa liberté que Don Nicolas refuse de lui donner

  • La causa : il n’y a pas un épisode sur les 62 qui ne rend pas compte de la résistance, des stratégies mises en place pour se soutenir, éviter des châtiments, … Ils veulent la liberté et ils se battent pour. Mais aussi la liberté n’est pas décrite de manière homogène tout le monde n’est pas toujours d’accord, frictions, (exemple dispute entre Tomas et Siervo au début ou Trinidad et Miguel, mais les femmes aussi). 


  1. Les libres de couleur et les amérindiens

  • Ils existent dans la ville pour la majorité, on a des scènes avec des amérindiens sur la plantation qui viennent vendre, aussi Julian qui est commandeur à El Eden et qui tombe amoureux de Milagros

  • Les libres de couleur jouent un rôle important dans la lutte pour la causa. Hôtel Pimentel en ville où tout le monde se réunit 

  • Angela aussi va jouer un rôle dans la causa 


  1. Les blancs 

  • Ce n’est pas un groupe homogène : ultra conservateurs, abolitionnistes, ceux qui profitent du système, les artistes fils de, clergé … 

  • Hommes : Don Nicolas et ses amis esclavagistes tortionnaires d’esclaves (procès le fils Jaime Lopez assassin d’esclavisés dont Rosita), les modérés qui suivent le mouvement comme le Général Márquez, les abolitionnistes comme l’avocat Felipe Restrepo. Homme de main comme Morales (qui n’est qu’un pion dans le grand plan machiavélique de Nicolas) et le prêtre Octavio

  • Femmes : système patriarcal donc une femme blanche est inférieure à l’homme. Adela est l’antagoniste de Victoria violente, méprisante, menteuse, essaie de mener son fils à la baguette. Femme battue Ana l’épouse du Capitaine Granados. Isabel élevée dans un système dans lequel elle ne se pose pas de question finalement mais suit… jusqu’à ce que. Eugenia veuve libertine, amoureuse de son esclave Bunmi, femme d’affaires, … 

  • Culture espagnole même si Colombie indépendante. Rêve de richesse d’aristocratie. Exemple du mariage avec la Marquise. Son arrivée est l’évènement à Santa Marta. A l’Hacienda on prépare tout pour que tout soit parfait noble. Pureté, religiosité catholique, multiplicité d’éléments pour se distinguer du reste du monde qui les entoure puisque c’est un pays sauvage non civilisé qu’ils et elles civilisent. Bijoux, cheveux, coiffures, chapeaux, gants, … frappant avec l’exemple de l’amulette de Victoria qu’Adela retrouve. 

  • Violences exercées/subies : dans leur groupe la violence existe vis-à-vis de leurs esclavisés mais aussi entre eux tentatives d’assassinats, viols, … encore une fois rend compte de la violence omniprésente. Violence des rapports. (Netflix -16 ans violences)



  1. Victoria : blanche à l’extérieure noire à l’intérieure (Miguel le dit à Trinidad elle a un cœur de sœur sous-entendu de noire)


  • Bébé- 11 ans : première scène où on la voit Lorenza lui chante une berceuse. Sa mère Elena est jalouse car Victoria ne cesse de pleurer dans ses bras. Pour Lorenza c’est sa fille. Lorenza personnage très fort surtout qu’elle est doktè fèy, spirituelle et sage avec une vraie force de caractère. Fuite au Palenque et le chef Jefe Prudencio ne veut pas les accueillir. Tomas ne voulait pas partir avec le bébé. Donc une femme noire qui adopte une enfant blanche cela n’a pas été admis. S’ils restent dans le Palenque finalement c’est parce que Sara dit que s’il n’y a pas de place pour Lorenza et Tomas parce qu’ils ont une fille blanche elle et son bébé ne peuvent pas rester. Elle est enceinte de Don Nicolas. Jefe Prudencio est son père il accepte que tout le monde reste. Mais cette décision va mener le Palenque a sa perte. 

  • 11 ans Olujimi : scène d’initiation pour les jeunes femmes du palenque et Victoria n’en fait pas partie parce que blanche. Vit très mal cette exclusion. Scène de barbouillage en noir. Donc à la rivière Lorenza, Tomas et leurs filles (Milagros et Rosita) initiation Victoria. Pas suffisant pour elle donc Miguel l’emmène en ville. C’est comme ça qu’on les découvre. D’ailleurs à cette occasion Miguel est traité comme esclave statut qu’il ne connait pas puisqu’il est né libre. Couvent en Espagne, et là tentative d’assimilation. 

  • Victoria comprend qu’elle n’est pas noire mais c’est sa famille. Donc tout au long de l’histoire ce sont des va et vient entre ses sentiments. Quand elle revient à Santa Marta elle veut les sauver. Les quiproquos etc… font qu’elle comprend qu’elle ne fait pas à leur place mais avec eux. Les réflexions des uns des autres lui font comprendre tout cela. 

  • Héroïne mais adjuvante. 

  • A la fin c’est elle qui est applaudit 

  • Je pense qu’il faudrait vraiment faire une étude des Da à la Martinique, c’est ce que je vois en regardant La Esclava Blanca. 


  1. Espaces de négociations, relations, résistances, amour et haine 

  • Partout ou presque peut-être un espace de négociation, un lieu au sein duquel on va remettre en question le temps d’un échange ou d’une action les frontières de la société esclavagiste. (Enterrement de Rosita : Tomas Nicolas ou l’anniversaire d’Isabelita ou l’on danse de la cumbia-biguine trait commun culturel)

  • Filiale : Miguel & Nicolas (tu es comme moi quand gagne le procès), Nicolas & Isabel. Tomas & Victoria. 

  • Maître-esclave : Miguel & Nicolas (refuse que Miguel achète sa liberté), Nicolas & Siervo

  • Maîtresse-esclave : Adela & Hilaria, Adela & Siervo, Adela & Milagros, Eugenia & Bunmi (histoire d’amour), Ana & Miguel, Isabelita & Rosita (mise au pilori mais l’aime comme une sœur- raconte comment elle est amoureuse de Miguel-mort de Rosita)

  • Patron-employé : Morales & Nicolas (fou hôpital psychiatrique)

  • Fratrie : Isabelita & Miguel, Victoria & Milagros, Victoria & Rosita (plage prise de conscience liberté-Rosita « aime » être esclave)

  • Romance : Nicolas & Sara (elle le rend fou-syndrome de Stockholm ?), Victoria & Miguel, Trinidad & Remedios, Milagros & Julian (épisode lessive Candela en profite pour aller donner des outils à Siervo)

  • Frottements, entente, demande, punition, fermeté, … des relations humaines donc compliquées 




Conclusion


  • Complexité de la société de plantation, des personnes qui y vivent, … 

  • Le métissage va nous sauver : « porque la sangre tiene el mismo color » sous le titre à la fin du générique. Paroles de la chanson du générique : « entre la mer et le sable j’ai grandi Seigneur. Avec mes frères les noirs, j’ai grandi Seigneur »

  • Il faut sortir des stéréotypes sur les telenovelas, celle-ci en est la preuve. 


BIBLIOGRAPHIE


Ardila Daniel Gutiérrez, 2015, « La politique abolitionniste dans l’État d’Antioquia, Colombie (1812-1816) », Le Mouvement Social, 7 octobre 2015, n° 252, no 3, p. 5570.

Elie-Dit-Cosaque Gilles, 2016, Je nous sommes vus, s.l.

Glymph Thavolia, 2008, Out of the House of Bondage: The Transformation Of The Plantation Household, Cambridge ; New York, Cambridge University Press, 296 p.

Gonzalez Layla P. Suleiman, 2002, « Mirada de Mujer: Negotiating Latina Identities and the Telenovela », Counterpoints, 2002, vol. 169, p. 8496.

Hoffmann Odile, 2004, Communautés noires dans le Pacifique colombien : Innovations et dynamiques ethniques, Paris, Karthala.

Lepers Maureen, 2020, « Les représentations du bateau négrier dans le cinéma et les séries télévisées nordaméricains. Entre marchandisation et résistance du corps esclavisé », Esclavages & Post-esclavages. Slaveries & Post-Slaveries, 19 mai 2020, no 2.

Martino Luiz, 1997, « Brésil : de la nation comme telenovela », Les cahiers de mediologie, 1997, N° 3, no 1, p. 169175.

Müller Adalberto et Lavat Philippe, 2012, « Anthropophagie et intermédialité : l’essor des telenovelas brésiliennes », Television, 2012, n° 3, no 1, p. 119128.

Pago Gilbert, 2006, 1848, chronique de l’abolition de l’esclavage en Martinique, Fort-de-France, Martinique, Éditions Desnel, 152 p.

Pago Gilbert, 1997, Les Femmes et la liquidation du système esclavagiste à la Martinique (1848-1852), France, 154 p.

Perreau Élodie, 2011, « Telenovelas et débats sociaux. La fiction comme espace public de discussion au Brésil », L’Homme. Revue française d’anthropologie, 25 juillet 2011, no 198199, p. 5166.

Rey Nicolas, 2005, « Les Garifunas: Entre " mémoire de la résistance " aux Antilles et transmission des terres en Amérique centrale (The Garifuna, between a " Memory of Resistance " in the Antilles and the Conveyance of Land in Central America) », Cahiers d’Études Africaines, 2005, vol. 45, no 177, p. 131163.

Schmidt-Nowara Christopher, 2015, « Héritages coloniaux ou innovations révolutionnaires? Nouvelles recherches sur la race, l’esclavage et la citoyenneté dans les indépendances d’Amérique latine », Le Mouvement social, 2015, no 252, p. 2132.

Sepulchre Sarah et Maigret Éric Préfacier, 2017, Décoder les séries télévisées, Bruxelles, Belgique, De Boeck Supérieur, 282 p.

Thibaud Clément, 2015, « Race et citoyenneté dans les Amériques (1770-1910) », Le Mouvement social, 2015, no 252, p. 519.

 

119 l'ALLEE du ROI

avec Elisabetta LURGO

 
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Elisabetta LURGO

Elisabetta Lurgo, docteur en Histoire, est chercheur à l’Université Ca’ Foscari de Venise. Spécialiste des histoires des dévotions à l’époque moderne et des relations entre la France et l’État de Savoie, elle l’auteur de plusieurs articles dans des revues académiques, ainsi que des ouvrages suivants : 
« Folies et rien que folies ». Exorcismes et apparitions en Savoie, XIXe siècle, Paris, Beauchesne Éditeur, 2021 (en préparation)
Marie-Louise d’Orléans. La Princesse oubliée, nièce de Louis XIV, Paris, Éditions Perrin, 2021
Mystique, histoire et littérature. Itinéraires de recherche (XIII e -XX e siècle, domaine franco-italien), sous la direction de M. Lucarelli, E. Lurgo, Alessandria, Dell’Orso, 2019
Une histoire oubliée. Philippe d’Orléans et la Maison de Savoie, Chambéry, Société Savoisienne d’Histoire et d’Archéologie, 2018 
Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, Paris, Éditions Perrin, 2018 
Carità barocca. Opere pie e luoghi pii nello Stato Sabaudo fra XVII e XVIII secolo, Torino, Fondazione 1563 della Compagnia di San Paolo, 2016 
La beata Caterina da Racconigi fra santità e stregoneria. Carisma profetico e autorità istituzionale nella prima età moderna, Firenze, Nerbini, 2013

 

Résumé épisode 119

Trame de l’émission


  1. Louis XIV et Madame de Maintenon au cinéma et à la télévision. Curieusement, la figure de Louis XIV et les personnes qui l’entourent n’ont pas suscité, de la part du cinéma et de la télévision, l’intérêt qu’on pouvait s’attendre à l’égard d’un roi si célèbre (et célébré), qui est à l’origine d’un chef d’œuvre universellement connu comme le château de Versailles. Si films et séries de production français ne manquent pas (même s’ils ne sont pas très nombreux), les productions étrangères sont beaucoup plus rares ; dans tous les cas, on ne retrace pas la vie du « Grand Roi », se contentant d’en esquisser quelque moment ou d’utiliser la cour de Louis XIV pour mettre en scène d’autres personnages et d’autres histories comme fil principal (pour l’Italie : « La presa di potere da parte di Luigi XIV » par Roberto Rossellini). On attend encore une série complète sur la vie de Louis XIV (quelques essais ont été faits avec des docu-fiction tels « Versailles le rêve d’un roi » et le plus récent « La guerre de trônes »). On peut faire le même constat pour Madame de Maintenon, qui, hors France, a très peu attiré l’intérêt des metteurs en scène, si l’on exclut la série « Versailles », qui est néanmoins une coproduction. 

  2. La série « L’Allée du Roi ». Présentation de la série : épisodes, dates d’émission, acteurs, production, trame sommaire, accueil par le public et la critique.

  3. Le roman qui a inspiré la série. Présentation du livre et de son Auteur.

  4. Structure de la série. Sur le modèle du livre, la restitution biographique est très classique : enfance, péripéties de jeunesse, lente ascension vers la fortune, apogée et sommet des ambitions du personnage, désillusions, dépérissement et vieillesse, mort en retraite du monde. Tout comme le livre, la série utilise la narration décalée, par le biais d’une sorte de journal de l’héroïne, qui retrace sa propre vie avec le recul du temps. C’est donc par la voix et du point de vue d’elle même que le spectateur revit l’existence de Madame de Maintenon, avec toutes les difficultés et les questions posées par ce stratagème narratif. 

  5. Les sources historiques. Les sources principales du livre et, par conséquent, de la série, sont représentées par la correspondance de Madame de Maintenon et ses entretiens avec les demoiselles de Saint-Cyr. Une autre source est représentée par les Souvenirs de Mademoiselle d’Aumale. Problèmes posés par ces sources : il manquait à l’époque de la série une édition critique de l’ensemble de la correspondance de la marquise ; les entretiens de Saint-Cyr comprennent souvent de « confidences » savamment réélaborées et expurgées afin de restituer une image exemplaire de la fondatrice ; les Souvenirs de Mademoiselle de Caylus sont sujets à caution à cause de la proximité entre cette dernière et la marquise, qui a très probablement veillé sur la première rédaction du texte. On sent beaucoup l’influence des Mémoires de Saint-Simon, notamment dans la restitution de certaines figures : Louis XIV, le Dauphin, Philippe d’Orléans frère du roi. 

  6. Les thèmes principaux de la série. La rivalité entre Madame de Maintenon et Madame de Montespan s’impose comme le thème principal de la seconde partie, tandis que la première est centrée sur le premier mariage de la marquise avec Paul Scarron et sur sa liaison avec le marquis de Villarceaux. La relation avec Louis XIV (amorcée dès la première partie) et avec Madame de Montespan est en effet le fil rouge de la série, au point que d’autres thèmes demeurent à peine esquissés, voire ignorés. Parmi les plus importants : le séjour de la petite Françoise d’Aubigné aux Antilles ; la liaison/tendre amitié avec le maréchal d’Albret ; l’implication de Madame de Maintenon dans la querelle du jansénisme ; ses relations troubles avec Philippe d’Orléans, le futur Régent (qui n’apparait pas dans la série), le rôle de la marquise dans la maison de la Dauphine et les relations difficile avec cette dernière. On passe en effet très rapidement sur les dernières années de Louis XIV, la guerre de Succession d’Espagne, la révocation de l’Edit de Nantes. La visite du tzar Pierre I à Madame de Maintenon n’est pas filmée. 

  7. La mise en scène. Scènes à retenir : la reconstruction d’une fête dans les jardins de Versailles, lorsque Madame de Maintenon fait son début à la cour ; les décors intérieurs dans les appartements de Madame de Montespan ; la cour en deuil après la mort de la Dauphine. Finalement, quelque commentaire sur la musique. 


Bibliographie sélective



Mark Bryant, Queen of Versailles. Madame de Maintenon, first lady of Louis XIV’s France, Mc-Gill University Press, 2020 


Françoise Chandernagor, L’allée du Roi, Paris, Gallimard-Folio, 2007 (1ère éd. 1981)


Jean-Paul Desprat, Madame de Maintenon ou le prix de la réputation, Paris, Tempus-Perrin, 2015


Alexandre Maral, Madame de Maintenon, la presque Reine, Paris, Belin, 2018


Alexandre Maral et Mathieu da Vinha, Madame de Maintenon, dans les allées du pouvoir, Catalogue de l’exposition, Hazan-Château de Versailles, 2019


Philip Mansell, Louis XIV : Roi du monde, Paris, Passés Composés, 2020


Jacqueline-Martin-Bagnaudez, Regards sur Madame de Maintenon, Paris, Desclée, 2011


Michel-Vergé Franceschi, Ninon de Lenclos, Paris, Payot, 2014


Agnès Walch, Duel pour un Roi : Madame de Montespan contre Madame de Maintenon, Paris, Tallandier, 2019

 

120 SPARTACUS

avec Gaelle Perrot et Fabien Bièvre-Perrin

 
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Gaelle PERROT

Gaëlle Perrot est doctorante en histoire romaine à Lyon 3 (HiSoMA) et ATER en histoire ancienne à Aix-Marseille Université (Centre Camille Jullian). Dans le cadre de sa thèse, elle travaille sur les interactions entre civils et militaires autour des camps militaires de Germanie sous le Haut-Empire.

Gäelle et Fabien travaillent ensemble sur des sujets de réception de l’Antiquité dans la culture contemporaine et dirigent, avec Vincent Chollier, la revue en open access Frontière.s, dont le numéro 5, à paraître en décembre, questionnera la binarité du genre dans l’Antiquité et au Moyen Âge.

 
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Fabien BIEVRE-PERRIN

Fabien Bièvre-Perrin est actuellement post-doctorant au Centre Jean Bérard de Naples. Dans le cadre d’un financement européen Marie Curie, il travaille avec son projet Feminicon sur l’iconographie féminine en Grande Grèce, de la période archaïque à la conquête romaine au IIIe siècle avant J.-C. Après avoir soutenu une thèse d’archéologie grecque en 2015 sur les monuments funéraires en Italie du sud, il a débuté ses recherches sur la présence de l’Antiquité dans la culture populaire avec son site internet Antiquipop (https://antiquipop.hypotheses.org/) puis dans le cadre d’un contrat post-doctoral au LabexMed, à Aix-en-Provence, sur les usages de l’Antiquité grecque dans la politique locale et nationale italienne. A la rentrée prochaine, il sera maître de conférence en “réception de l’Antiquité” à l’Université de Lorraine. 

 

Résumé épisode 120

I. Introduction

I. 1. Présentation de la série

I. 2. Vocabulaire

 I. 3. Résumé de la série

II. Le corps et ses atours

II. 1. Les modèles de virilité : gladiateurs et généraux

II. 2. Les antimodèles : les efféminés et les dominés

II. 3. Le corps regardé

III. Questions de statuts

III. 1. Libres et non-libres

III. 2. Barbares et Romains

III. 3. Une définition avant tout sociale de la virilité ?

Bibliographie

Alston Richard, 1998, « Arms and the man: soldiers, masculinity and power in Republican and Imperial Rome », in Lin Foxhall et John Salmon (dir.), When men were men: masculinity, power, and identity in classical antiquity, London ; New York, Routledge : 205‑223.

Vivien Bessières, Le péplum, et après ? L’Antiquité gréco-romaine dans les récits contemporains, Toulouse, 2016.

Bièvre-Perrin Fabien , “Britney Spears, Beyoncé, Pink et Enrique Iglesias – We Will Rock You (Pepsi)”, Antiquipop, 02/11/2015. En ligne : https://antiquipop.hypotheses.org/83

Bodiou Lydie et Mehl Véronique, 2011, « De l’envie à l’excès, savoir se parfumer dans le monde gréco-romain », in Lydie Bodiou, Florence Gherchanoc, Valérie Huet, et Véronique Mehl (dir.), Parures et artifices: le corps exposé dans l’Antiquité, Paris, l’Harmattan : 57‑77.

Bodiou Lydie, Mehl Véronique, et Andrieu Bernard Préfacier, 2019, Dictionnaire du corps dans l’Antiquité, Rennes, France, Presses universitaires de Rennes.

Chapoutot Johann, 2014, Le nazisme et l’Antiquité, Paris, P.U.F.

Cordier Pierre, 2005, Nudités romaines: un problème d’histoire et d’anthropologie, Paris, France, Les Belles Lettres.

De Baecque Antoine, 2011, « Projections : la virilité à l’écran », in Jean-Jacques Courtine (dir.), La virilité en crise?: XXe - XXIe siècle, Paris, Seuil : 441‑470.

Dubourdieu Annie, 2011, « Regards romains sur la parure du corps : maquillage, coiffure, bijoux, vêtements, parfums », in Lydie Bodiou, Florence Gherchanoc, Valérie Huet, et Véronique Mehl (dir.), Parures et artifices: le corps exposé dans l’Antiquité, Paris, l’Harmattan : 45‑55.

Gherchanoc Florence, 2011, « Maquillage et identité : du visage au masque, de la décence à l’outrage, de la parure à l’artifice », in Lydie Bodiou, Florence Gherchanoc, Valérie Huet, et Véronique Mehl (dir.), Parures et artifices: le corps exposé dans l’Antiquité, Paris, l’Harmattan : 23‑44.

Hobden Fiona et Potter Amanda, “Redirecting the gaze: the woman and the gladiator on television in the twenty-first century”, Amanda Potter, Caitlan Smith, Jenny Messenger, Rossana Zetti (éd.), New voices in classical reception studies, conference proceedings volume two, 21st Century Popular Classics, Milton Keynes, 2018. En ligne : https://fass.open.ac.uk/sites/fass.open.ac.uk/files/files/new-voices-journal/proceedings/volume2/Paper_3.pdf 

James Simon, 1999, « The Community of Soldiers: A Major Identity and Centre of Power in the Roman Empire », Theoretical Roman Archaeology Journal, n° 1998.

Le Bohec Yann, 2018, Spartacus: chef de guerre, Paris, France, Editions Tallandier.

Le Roux Patrick, 2019, « Chapitre X. L’amphithéâtre et le soldat sous l’Empire romain », in La toge et les armes : Rome entre Méditerranée et Océan – Scripta Varia I, Rennes, Presses universitaires de Rennes : 173‑190.

Pampanay Élise, « Invictus/Olympéa : quand les publicités de Paco Rabanne ont un parfum d’Antique (1/2) », Antiquipop, 9/10/2015. En ligne: https://antiquipop.hypotheses.org/1015

Pampanay Élise et Bièvre-Perrin Fabien , « Esthétique et fonction du corps antique dans la publicité du XXIe siècle », Thersites 6 (2018). En ligne : thersites-journal.de/index.php/thr/article/view/63

Pillon Thierry, 2011, « Virilité ouvrière », in Jean-Jacques Courtine (dir.), La virilité en crise ? XXe - XXIe siècle, Paris, Seuil : 311‑334.

Thuillier Jean-Paul, 2015, « Virilités romaines. Vir, virilitas, virtus », in Georges Vigarello (dir.), Histoire de la virilité, Paris, France, Points : 67‑114.

———, 2019, « Le corps de l’athlète (Grèce, Étrurie, Rome) : représentations et realia », in Marie-Hélène Garelli et Valérie Visa-Ondarçuhu (dir.), Corps en jeu : De l’Antiquité à nos jours, Rennes, Presses universitaires de Rennes : 339‑350.

Ville Georges, 1981, La gladiature en Occident des origines à la mort de Domitien, Rome, Italie, École française de Rome.

Wolff Nadège, “L’Antiquité dans l’univers du bodybuilding : une injonction à quelle(s) virilité(s) ?”, Antiquipop, 17/09/2017. En ligne : https://antiquipop.hypotheses.org/2750

 

121 THE OA

avec Gaelle DEBEAUX

 
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Gaelle DEBEAUX

Gaëlle Debeaux est Maîtresse de conférences en Littérature générale et comparée à l'université Rennes 2, et membre du CELLAM. Ses recherches portent sur les enjeux narratifs des productions de littérature contemporaine (littérature imprimée, littérature numérique), sur l’hybridation médiatique du texte et son implication concernant l’objet livre, et sur les formes de multiplication des récits. Elle s’intéresse en particulier aux domaines anglophones, français et italien.

 

Résumé épisode 121

1. Présentation de la série The OA, saison 1 (« Partie 1 »)

a. Présentation générale

Les données techniques (année de création, plateforme de diffusion, format et structure de la série [analepses et récits en parallèle + partie/chapitres], réalisation, acteurs)

Synopsis rapide
Les suites : la saison 2 en quelques mots, l’absence de suite

b. Appartenance générique : une série réaliste ?

Ancrée dans un cadre réaliste :

- Le cadre :
o le lotissement abandonné en cours de construction (traitement de l’image : pas

d’esthétisation, tons souvent ternes, temps maussade)

o lelycéeaméricain(bienloindesreprésentationsàlaHighSchoolMusicalouRiverdale) - Les problématiques de la société américaine :

o la question des armes à feu
o laquestiondesenlèvementsd’enfants(cf.TheUnbreakableKimmySchmidt+lamode

des true crime voir épisode 7)
Mais ouverture du cadre : fantastique ou science-fiction ?

  • -  Les éléments du fantastique : les prémonitions, le thème de la vie après la mort

  • -  Les éléments de science-fiction : les expériences scientifiques, les découvertes de Hap /

    Leon, l’enjeu du multivers, le posthumain, trope du nez qui saigne // Stranger Things

2. Quelques thèmes centraux dans la série

a. De l’enfermement physique à l’enfermement mental

L’enfermement physique mis en scène :

  • -  les situations d’enfermement et les dispositifs de surveillance

  • -  la question du corps / le corps et l’esprit (London : comment fuir le corps prisonnier ?)

  • -  le labyrinthe / les miroirs / le puzzle : représenter visuellement l’enfermement

  • -  le lotissement comme labyrinthe (// rat de laboratoire)

    En parallèle, réflexion sur la culture médiatique :

  • -  youtube ep1, le meme « people are gay steven » : circulation et diffusion des images

  • -  Hap regarde des écrans comme nous : sommes-nous lui ? La question de la place du spectateur et le discours sur le spectateur de séries VS l’écoute collective des récits au coin

    du feu ?
    Les prisons mentales : exposer les mécanismes sectaires

  • -  intérêt de Brit Marling et Zal Batmanglij pour les dispositifs sectaires et leur mécanisme : un discours de la nuance et de la déconstruction

  • -  croire : la quête de transcendance

  • -  la religion : paradis, purgatoire (Dante ?)

  • -  Prairie VS Hap : des leaders ?

    Dimension symbolique voire hermétique de la série : défi à la compréhension du spectateur et vertige herméneutique qui incite au déchiffrement des signes et développe l’adhésion à l’univers de fiction (il y a quelque chose à déchiffrer au-delà des apparences : on veut y croire aussi)

b. Une société du posthumain : les discours sur la science

Hap, la figure du savant fou :

  • -  construction de la cruauté : opposition entre Hap et Leon

  • -  la question du monstre et de l’empathie (Hap VS les autres, la solitude du monstre, Hap

    comme Minotaure prisonnier de son propre labyrinthe) Quelques théories scientifiques aux frontières de la science-fiction :

  • -  les expérimentations scientifiques et leur représentation (les outils)

  • -  le voyage entre univers / les multivers

- rapport à la science / discours sur la science et les progrès (le posthumain)

L’ancrage entre fantastique et science-fiction de la série tend à rapprocher factualité et fictionnalité, science et croyance (à mettre en perspective face au contexte de défiance généralisée face au savoir, aux fake news, etc. : économie de la confiance mise en péril).

c. Résister, survivre, guérir : une série sur l’émancipation

Un discours fin sur la maladie mentale :

  • -  le trauma

  • -  psychose VS immersion fictionnelle (pour transition vers le 3)

  • -  le care et les soins psychologiques

    Le collectif comme espace d’encapacitation :

  • -  la question de la famille : la famille subie, la famille choisie et la question du choix

  • -  faire collectif: ce qui rassemble (le récit pour faire communauté, la nature de cette

    communauté queer, les signes de reconnaissance // Sense 8 à plusieurs niveaux)

  • -  plusieurs communautés reliées : des personnages qui évoluent (exemple : se réinventer par

    le prénom, du prénom donné au prénom choisi)

    Le collectif est espace d’encapacitation (incarnée par la chorégraphie qui essaime dans le monde réel, cf. les flashmobs). La série tient un discours politique : l’organisation permet la puissance politique des faibles. Valeur : espoir, persévérance

3. Mon hypothèse : une série comme théorie de la fiction et ses pouvoirs

a. De la croyance à la fiction : comment raconter une histoire prenante ?

La structure de la série, signe vers l’univers de la fiction :

  • -  une structure en parallélismes et analepses (donner exemples) > la question du temps qui passe et sa perception (dans la mise en récit / en prison) ; c’est le propre de la mise en récit selon Ricoeur !

  • -  Les Milles et une nuits (+ prolongements : le Decameron de Boccaccio)

  • -  Prairie en Schéhérazade : cf. la fin de l’épisode 7 et le motif du récit au coin du feu

    La série comme une secte :

  • -  Parallélisme entre l’adhésion sectaire et l’adhésion à la fiction

  • -  les références à Borges : comprendre et donner sens

  • -  discours sur les frontières (notamment avec la réalité) et leur porosité

    Ce qui rassemble le dispositif sériel comme espace de construction fictionnelle et les mécanismes sectaires est la mise en place des conditions de possibilité de l’adhésion du spectateur / du participant.

b. Vertus de la fiction et pouvoir de The OA

The OA est une série qui a des effets puissants sur ses spectateurs. On peut alors mettre au jour une correspondance entre ce dont il est question dans la série et les effets qu’elle veut produire sur son spectateur.

Le pouvoir des émotions :

  • -  le pouvoir soignant des récits / l’empathie

  • -  les jeux de regard

  • -  série sur la foi et la construction d’une foi capable de sauver

    Médiations artistiques :

  • -  le pouvoir de la danse / chorégraphie

  • -  le motif musical et sa variation

  • -  les talents artistiques : la beauté esthétique comme révélateur

  • -  la musique dans la série / la BO : des vecteurs de l’émotion au-delà de l’écran



Publications récentes Gaelle Debeaux :

  • -  Debeaux Gaëlle et Dumontet Mathilde, L’Enquête en partage, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, à paraître

  • -  Debeaux Gaëlle et Pluvinet Charline, « Numérique et romanesque », Revue Romanesques, n° 13, Paris, Éditions Classiques Garnier, 2021

  • -  Cléder Jean et Debeaux Gaëlle (dir.), Mots et images du sport. Le corps en représentation, Lormont, Le Bord de l’eau, 2020

  • -  Debeaux Gaëlle, « Lignes de fuites poétiques du récit numérique », La Poésie numérique : usages, formes et enjeux, dossier de la revue Komodo 21, dirigé par Gwendolyn Kergourlay et Claire Châtelet, n°12, 2019, en ligne (http://komodo21.fr/lignes-de-fuites-poetiques-recit- numerique/).

  • -  Debeaux Gaëlle, « Multiplier les récits ou comment la littérature exhibe sa propre puissance », Pouvoir de la littérature. De l’energeia à l’empowerment, E. Bouju, Y. Parisot et C. Pluvinet (dir.), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019, p. 327-336

  • -  Debeaux Gaëlle, « Une hiérarchisation impossible ? Quand la fiction est toujours seconde », Fictions secondes, Bernard Guelton (dir.), Paris, Éditions de la Sorbonne, 2019, p. 53-65

    Bibliographie sélective pour l’épisode :
    Films dans lesquels Brit Marling est co-scénariste :

  • -  Boxers and Ballerinas, documentaire réalisé par Mike Cahill et Brit Marling, États-Unis, 2004

  • -  SoundofmyVoice,scénarioZalBatmanglijetBritMarling,réaliséparZalBatmanglij,

    Skyscraper Films, États-Unis, 2011

  • -  Another Earth, scénario Mike Cahill et Brit Marling, réalisé par Mike Cahill, Artists Public

    Domain, États-Unis, 2011

  • -  The East, scénario Zal Batmanglij et Brit Marling, réalisé par Zal Batmanglij, Scott Free

    Productions, États-Unis / Royaume-Uni, 2013 Œuvres littéraires, cinématographiques et séries :

  • -  Borges Jorge Luis, « Le jardin aux sentiers qui bifurquent », Fictions, dans Œuvres complètes, T.1 et T.2, Bernès, J.-P., Bénichou, P. et all. (trad.), Paris, Gallimard collection La Pléiade, 2010

  • -  Fey Tina et Carlock Robert, Unbreakable Kimmy Schmidt, distribué par Netflix, États-Unis, 2015-2020 (4 saisons et un épisode spécial)


  • -  Lafon Lola, Mercy, Mary, Patty, Arles, Actes Sud, 2017

  • -  Les Mille et une nuits, contes arabes, A. Galland (trad.), Paris, 1704-1711

  • -  London Jack, The Star Rover, New York, Macmillan, 1915

  • -  Nolan Christopher, Inception, Warner Bros Pictures / Legendary Pictures / Syncopy Films,

    États-Unis / Royaume-Uni, 2010

  • -  Nolan Christopher, Interstellar, Warner Bros / Paramount Pictures / Legendary Pictures /

    Syncopy Films, États-Unis / Royaume-Uni, 2014

  • -  Wachowski Lilly, Wachowski Lana, Straczynski J. Michael, Sense 8, distribué par Netflix,

    États-Unis, 2015-2018 (2 saisons) Bibliographie critique :

  • -  BessonAnne,Constellations.Desmondesfictionnelsdansl’imaginairecontemporain,Paris,CNRS Éditions, 2015

  • -  Bouju Emmanuel et Gefen Alexandre (dir.), « L’Émotion, puissance de la littérature ? », revue Modernités, n° 34, 2012

  • -  CorreardNicolas,FerréVincentetTeuladeAnne(dir.),L’herméneutiquefictionnalisée:quand l’interprétation s’invite dans la fiction, Paris, Classiques Garnier, 2014

  • -  Gervais Bertrand, La ligne brisée : labyrinthe, oubli et violence, Montréal, Le Quartanier, 2008

  • -  Lavocat Françoise (dir.), La théorie littéraire des mondes possibles, Paris, CNRS Éditions, 2010

  • -  Lavocat Françoise, Fait et fiction. Pour une frontière, Paris, Éditions du Seuil, 2016

  • -  Licuria Rob et Marling Brit, « Brit Marling chats The OA secrets: “There are a lot of theories

about the story she is telling” », YouTube, 2017 :

https://www.youtube.com/watch?v=kwQULMgWuAg&list=WL&index=2&t=479s

  • -  MachinalHélène,Posthumainsensérie.Lesdétectivesdufutur,Tours,PressesUniversitaires François Rabelais, 2020

  • -  Patoine Pierre-Louis, Corps / texte. Pour une théorie de la lecture empathique. Cooper, Danielewski, Frey, Palahniuk, Lyon, ENS Éditions, 2015

  • -  Santarcangeli Paolo, Le Livre des labyrinthes. Histoire d’un mythe et d’un symbole, Lacau, M. (trad.), Paris, Gallimard, 1974 [1967]

  • -  Schaeffer Jean-Marie, Pourquoi la fiction ?, Paris, Éditions du Seuil, 1999

 

122 OUTLANDER saisons 1 et 2

avec Elisabeth REBEILLE-BORGELLA

 
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Elisabeth REBEILLE-BORGELLA

Elisabeth Rébeillé-Borgella, en dernière année de doctorat en histoire moderne franco-écossaise à l’université d’Edimbourg. Ma thèse porte sur Esmé Stuart d’Aubigny (1542-1583), courtisan français et favori du roi Jacques VI d’Ecosse, elle est encadrée par Julian Goodare.

 

Résumé épisode 122

Résumé : Automne 1945, Claire Randall, infirmière, et son mari Frank, historien, voyagent en Ecosse pour célébrer leur deuxième lune de miel après leur séparation pendant la seconde guerre mondiale. Frank en profite pour faire des recherches généalogiques sur sa famille et notamment sur un de ses ancêtres Jonathan Randall, capitaine des Dragons de sa Majesté. Pendant leur séjour dans la capitale des Highlands, Inverness, le couple en profite pour mieux connaître la culture locale et notamment les rites liés à Samhuinn, une fête celtique qui les mènent à Craigh na Dun, un cercle de pierre (fictif) aux alentours d’Inverness. Pendant que son mari continue ses investigations, Claire retourne au cercle de pierre lorsqu’elle sent un bourdonnement qui l’attire vers la pierre. Elle pose ses mains sur la plus haute pierre et se retrouve transportée en 1743. Alors qu’elle tente de comprendre ce qu’il se passe, elle se retrouve au milieu d’un combat entre les redcoats, soldats anglais, et les locaux écossais et manque de se faire violer par l’ancêtre de son mari. Un écossais la sauve et l’emmène avec lui auprès de son chef. S’en suit alors des péripéties qui l’amènent à vivre avec le clan Mackenzie, séjour non sans rebondissements liés à sa nationalité anglaise et au fait qu’elle veuille absolument retourner dans son temps. Lors de son séjour avec les Mackenzie, elle fait la connaissance de James Alexander Malcolm Mackenzie Fraser dit Jamie avec qui elle se marie pour échapper aux anglais et dont elle tombe follement amoureuse. Entre temps, elle se rend compte que Dugal Mackenzie, le frère du chief of clan, lève des fonds secrètement pour la cause Jacobite, cause qu’elle sait être vouée à l’échec. Elle prévient alors Jamie que l’histoire donne raison aux Anglais et ils décident ensemble d’empêcher cette rébellion et la bataille de Culloden en Avril 1746 qui marque le début des clearances ou les déplacements forcés de la population des Highlands et la fin de la culture clanique. La saison 2 d’Outlander se concentre sur cette thématique, nos deux héros étant forcés d’aller en France, ils en profitent pour rencontre la figure des Jacobites Bonnie Prince Charlie (Charles Edouard Stuart, prétendant Stuart au trône d’Angleterre et d’Ecosse) ainsi que différents personnages historiques tel que Louis XV, Joseph Duverney et le Comte Saint-Germain dans le but de faire échouer les financements de la rébellion. Malheureusement, ils échouent et retournent en Ecosse pour essayer de faire en sorte de changer l’issue de la bataille de Culloden.


(livres correspondants de Diana Gabaldon : Tome 1, Le chardon et le tartan Outlander/Cross Stitch, 1991, Tome 2, Le Talisman, Dragonfly in Amber, 1992)


Série créée par Ronald D. Moore en 2013, distribuée par Starz. Plusieurs réalisateurs, John Dahl, Brian Kelly ou encore Anna Foerster. Le scénario adapté pour la TV par Ronald D. Moore, Toni Graphia ou Diana Gabaldon en autre. 


Première saison diffusée en 2014 aux USA et en 2015 au UK > aborder rapidement le pb de diffusion au UK à cause du referendum sur l’indépendance écossaise en 2014. Deuxième saison en 2016. 


Place de l’histoire dans la série notamment avec la figure de Frank qui est historien et qui va faire découvrir à Claire, lors de leur voyage de noces, des endroits importants de l’histoire des Highlands. Claire, grâce à ses propres connaissances et celles transmises par son mari, tente plusieurs fois de changer le cours de l’histoire comme nous l’avons vu précédemment, mais aussi avec de simples conseils qu’elle donne comme celui destiné à la sœur de Jamie Jennie de planter des pommes de terre lors de l’épisode 14 de la saison 1.



L’Ecosse et l’histoire de l’écosse au cœur de la série ainsi que la question de l’identité écossaise. 


Les clans des Highlands et leur culture, l’identité écossaise 


  • Qu’est-ce qu’un clan écossais au XVIIIe siècle dans les Highlands ? 


  • Culture clanique très forte et montrée 


(Saison 1, épisode 4 : Le Serment d’Allégeance), la relation Colum/Dugal, les relations entre les différents clans. 


  • Ecosse vs Angleterre


Le point de vue de Claire anglaise du XXe, les raids des Redcoats, le diner avec les Anglais (saison 2, épisode 6 : Le Commandant de la Garnison), l’expression de l’identité écossaise et de l’identité jacobite (deux choses différentes !!) 


La médecine et les croyances 


  • Claire, femme médecin/guérisseuse. 


  • La place de de la religion et des croyances, le procès pour sorcellerie (épisode 11 : La marque du diable) 






La rébellion Jacobites de 1745 


  • La cause jacobite en Ecosse (version romantique dépeinte dans Outlander) et les batailles de Prestonpans et Culloden 


  • Place de la France dans la rébellion (saison 2, épisodes 1 à 7) 


  • Le personnage de Bonnie Prince Charlie 


Conclusion : place d’Outlander dans la réception de l’histoire écossaise et dans le tourisme en Ecosse. 




Bibliographie


Guthrie, Neil. The Material Culture of the Jacobites, Cambridge University Press, 2013


Schacklock Zoë, “On (Not) Watch Outlander in the United Kingdom”, Visual Culture in Britain, Nov. 2016, Vol. 17 Issue 3, 311


“Keeping it real with Outlander’s historical advisor”, British Heritage Travel, 11 May 2011


http://www.dianagabaldon.com


Beyond the Witch Trials : Witchcraft and Magic in Enlightenment Europe, edited by Owen Davies, and Blecourt, Willem De, Manchester University Press, 2004


Speth, Alana. "I would Cut My Bones for Him": Concepts of Loyalty, Social Change, and Culture in the Scottish Highlands, from the Clans to the American Revolution, The College of William and Mary, Ann Arbor, 2011. 


Pittock, Murray. Thw Myth of the Jacobite Clans: The Jacobite Army in 1745. Edinburgh: Edinburgh University Press, 2009


Bamford, Andrew. The Lilies and the Thistle: French Troops in the Jacobite '45, Helion & Company, Limited, 2018


Henderson, Lizanne. Witchcrat and Folk Belief in the Age of Enlightenment, Scotland, 1670-1740, Palgrave MacMillan, 2016


Cruickshanks, Eveline. The Stuart Court in Exile and the Jacobites, edited by Edward Corp, Bloomsbury Publishing Plc, 2003


Seward, Desmond. The King Over the Water, Birlinn, 2019. 


Hatfielf, Vivienne. Domestic Medicine in Eighteenth Century Scotland, University of Edinburgh, 1980. 

 

123 WE ARE WHO WE ARE

avec Marta BONI

 
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Marta BONI

Professeure agrégée 
Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques
Université de Montréal

 

Résumé épisode 123

 We Are Who We Are, une série sur l’adolescence comme transition et comme espace (queer) de transformation:


- Le contexte de production et de création: Luca Guadagnino cinéaste et son expérience avec la télévision; 

- Le contexte représenté dans la série: une base militaire US en Italie; un espace hybride entre deux ou plus cultures;

- Les personnages: des adolescent.e.s, des adultes; les tentatives de communication entre ces deux mondes; les personnes noires; 

- Le thème de la série: la transition (décliné en deux grands concepts: la maladresse et l’utopie);

- Le style de la série: sa structure centrée sur les personnages, un développement complexe; le traitement visuel des personnages et des lieux; un rythme qui évolue avec l’approfondissement des psychologies: le montage, la musique; 

- La réception.

 

124 WOLF HALL

avec Amélie Balayre

 
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Amélie BALAYRE

Je suis professeure d’histoire-géographie en collège REP dans le Val de Marne et doctorante en histoire moderne à l’université d’Artois. Après un master à Paris IV sur l’intervention anglaise en France entre 1589 et 1598 dans le cadre des guerres de Religion. Ma thèse porte sur la culture diplomatique dans les cours de France et d’Angleterre entre 1553 et 1625 ce qui me permet de travailler à la fois sur les Tudor et le début des Stuart en Angleterre et les Valois et Bourbons en France. 
J’ai co-organisé à Nantes deux journées d’études sur les diplomates en représentation. Journées d’études qui ont donné lieu à une publication des actes en mars 2021. 

 

Résumé épisode 124

Résumé des épisodes

La série, composée de 6 épisodes, situe l’action entre 1529 et mai 1536. 
Les 3 premiers épisodes sont centrées autour des manoeuvres visant à faire divorcer Henry VIII de sa première femme Catherine d’Aragon, tante de Charles Quint et s’achève sur le couronnement d’Anne. Ils permettent de voir s’élever le personnage principal de la série Thomas Cromwell, d’abord au service du cardinal Wolsey puis d’Henri VIII par l’entremise d’Anne Boleyn. Une grande place est faite dans ses épisodes à l’émergence du protestantisme en Angleterre et la lutte contre l’hérésie menée par Thomas More

Les trois épisodes suivants sont quant à eux consacrés au mariage entre Henry et Anne et à la détérioration de celui-ci. Se dessine en fond le mariage suivant du roi avec Jane Seymour. Le personnage de Cromwell y est moins central et l’aspect religieux y est moins développé. En revanche, les enjeux internationaux autour des alliances matrimoniales et la concurrence entre les différentes factions nobiliaires concernant la politique intérieure et l’influence auprès du roi sont davantage prégnantes. 


Quelques erreurs ou manipulations de la timeline des évènements. Notamment au moment de la mort de Catherine/fausse couche d’Anne Boleyn.


Série qui est une adaptation des romans d’Hillary Mantel. Ce qui donne aussi des personnages caricaturaux. Cromwell apparaissant comme extrêmement sympathique, humaniste, contre la torture. Anne Boleyn est telle que la représente la propagande catholique, manipulatrice, ne cherchant que le pouvoir, imbue d’elle même et sotte. Henri VIII quant à lui y apparaît comme un homme naif, colérique, peu intéressé par les affaires de son royaume et largement manipulable. Même si sa patience pour atteindre les femmes qu’il désire est mise en avant à plusieurs reprises, il est aussi présenté comme un prédateur, violeur potentiel (Cromwell met en garde Jane Seymour lui enjoignant de ne pas crier si Henri tente quelque chose malgré son refus mais plutôt de prier pour déclencher de la pitié chez le roi)


Grands thèmes abordés


* Transformation religieuse et Réforme

dès les premières scènes, Thomas Cromwell apparaît comme personnage principal, navigant entre deux eaux. D’abord son travail d’avocat et conseiller auprès du cardinal Wolsey, alors chargé par Henri VIII d’obtenir l’accord du pape pour divorcer de Catherine d’Aragon. De l’autre son penchant pour le protestantisme venu lors de ses voyages en Europe continentale. Il reçoit en effet un exemplaire de la Bible de Tyndale, le Nouveau Testament est traduit en anglais et non en latin et circule sous le manteau. 


Scènes intéressantes de scènes de réunions de protestants mais contrebalancées par la chasse aux hérétiques menées par Thomas More devenu Chancelier. More veut par ailleurs poursuivre Tyndale pour sédition et fait brûler quelques protestants comme l’avocat John Bainham, ami de Cromwell.

Développement autour du personnage de Thomas More et de son intransigeance. 



Contexte spécifique des débuts de la diffusion du protestantisme et donc du double jeu mené par certains acteurs. 

Ainsi messager de Cromwell transmet des lettres de Tyndale à Cromwell mais voyage avec une croix et un chapelet dans ses bagages en cas de contrôle. 


Ce qui est intéressant c’est que dans la série, peu de mise en avant des réelles volontés d’Henri VIII en matière de religion. Les protestants ne le considère pas comme un allié potentiel malgré son différent avec le pape. Tyndale refuse de reconnaître son divorce et hormis les scènes concernant le serment à faire prêter aux prélats anglais reconnaissants Henri VIII comme Chef suprême de l’Église d’Angleterre, il n’y a rien dans la série qui montre les tergiversations du roi. Même la prise de contrôle des monastères et de leurs biens par le pouvoir royal est présenté sous un angle vénal de simple prise des richesses des moines.


En revanche, la mise en avant du personnage de la prophétesse Elizabeth Barton est significatif. Jeune nonne, catho, prophétise que le roi ne vivra pas plus d’un an s’il épouse Anne Boleyn. Vu non pas comme une tentative de lutter contre l’hérésie se répandant dans l’entourage du roi mais comme une provocation, voire une contestation de l’autorité royale. 


* Enjeux internationaux des mariages et alliances

Justement, la question maritale est au coeur de la série. D’abord des affaires de « coeur du roi », vu comme un prédateur sexuel notamment en fin de série quand il s’intéresse à Jane Seymour. 

Mais aussi et c’est beaucoup plus intéressant dans les enjeux internationaux qui sont intimement liés aux négociations de mariages. 


- Tension Angleterre/Espagne autour de la question du devenir de Catherine d’Aragon

- Refus de négocier un mariage princier à l’extérieur du royaume pour Mary (future Mary I)
- Volonté d’Anne Boleyn d’envoyer Cromwell en France pour négocier un mariage avec un prince français (lien intéressant à faire avec les négociations avortées de mariage entre Elizabeth I et les fils de Catherine de Medicis).

- Ne pas oublier qu’Anne Boleyn n’est pas une fille de la campagne qui aurait séduit le roi. Parle français et a été entre ses 14 et 21 ans, dame de compagnie de Claude de France avant de revenir en Angleterre. Elle est apparentée au duc de norfolk. Son père est diplomate et partiellement en charge des négociations lors de la rencontre du camp du drap d’or.


Par ailleurs, cet aspect diplomatique est bien présent dans la série avec notamment l’ambassadeur de l’empereur Charles Quint, Eustache Chapuys. Chargé de veiller sur Catherine d’Aragon, puis à l’avenir de Mary. Enjeu également de la reconnaissance d’Anne comme femme légitime. 

-Développement sur les pratiques des diplomates. 


- Lien des diplomates avec d’autres acteurs tels que les marchands (exemple de Bonvisi dans le premier épisode) Diplomatie interlope.


-Ces éléments permettent aussi de mettre en lumière la forte concurrence entre les 3 rois Henri VIII/François Ier et Charles Quint. 

La question du devenir de Calais, dernière possession anglaise sur le continent, revient à plusieurs reprises. 

Mise en contexte de cette concurrence. 



* Politique intérieure

Enfin, la question des mariages est liée à une autre problématique qui est capitale dans l’histoire d’Henri VIII, qui est celle de sa succession (techniquement déjà assurée par Mary) et par l’avènement d’un héritier mâle. 
En principe, pas de problème à la succession par le biais des femmes mais réticences importantes à voir une femme sur le trône (réticences qui se poursuivent même sous les regnes de Mary et Elizabeth cf John Knox).

Scène où Anne insiste pour que sa fille ne soit pas écartée de la succession directe au moment de l’écriture du serment de fidélité au roi. 


Cette problématique de la succession qui fonde la série et revient en filigrane tout au long des épisodes permet également de mettre en lumière les concurrences cette fois ci relative à la politique intérieure du royaume entre les différentes familles de la noblesse, entre les factions et surtout la perspective d’ascension sociale que la proximité du prince peut engendrer. 

Dans l’épisode 6 Anne dit à Cromwell « Ce qui a été fait peut être aisément défait » 
Lien entre politique, courtisans et gloire personnelle ou familiale. 

L’opposition entre les familles Boleyn et Seymour est caricaturale pour cette période de l’histoire anglaise. Elle devient plus importante au moment de la minorité d’Edward VI, le fils de Jane et Henri VIII. 


Wolf Hall est justement la demeure dans laquelle vivent les Seymour. Et le choix du titre outre le fait qu’il renvoie aux menées et combats politiques pour la prise de pouvoir auprès d’Henri VIII illustre justement le fait que ce soit ces familles nobles qui jouent un rôle important dans les prise de décision du roi, notamment en jouant sur son besoin immodéré de nouvelles amantes. 



* Un dernier point que l’on peut évoquer en fonction du temps, c’est l’agentivité des femmes à la cour et même en dehors. 


En dehors de l’utilisation des femmes comme objets de négociations et d’échanges et des personnages caricaturaux d’Anne Boleyn ou de sa sœur jalouse. Je trouve qu’une place assez intéressante est donnée aux femmes, notamment aux dames de compagnie de la reine, à l’éducation des filles de Thomas More ou de Cromwell ou même à la nonne Elizabeth Barton. 

Variété de profils

Permet aussi de voir une action autonome, mue par des motifs personnels, politiques ou de solidarité familiale sans pour autant être manipulées par des hommes. 


Bibliographie : 

Russo Stephanie, The Afterlife of Anne Boleyn Representations of Anne Boleyn in Fiction and on the Screen, Palgrave Macmillan, 2020. 

Bornman Tracy, Thomas Cromwell : the untold story of Henry VIII's most faithful servant

Giry-Deloison Charles, « Henri VIII d’Angleterre (1509-1547) entre foi, religion et politique », dans Foi et action publique. dans Les Cahiers du Littoral, 2, n° 15, p. 125-134. 

Daniell David, William Tyndale: A Biography, Yale University Press, 2001

Limpcomb Suzannah, 1536: The Year that Changed Henry VIII, Lion Hudson, 2009